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CORRESPONDANCE

By Ray Harrison,2014-08-29 10:32
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CORRESPONDANCE

    CORRESPONDANCE

    DES DIRECTEURS

    DE

    L’ACADÉMIE

    DE FRANCE

    À ROME

    tome II

    directorat de Guillon-Lethière (1808-1816)

    éd. par François Fossier

    2008

à la mémoire de mes confrères A. de Montaiglon et J.J. Guiffrey

    Correspondance de Lethière

    INTRODUCTION

    À un sexagénaire plaintif du Nord, mort subitement, succédait à la tête de la nouvelle villa Médicis un mulâtre des îles, bâtard de surcroît, quadragénaire d‟humeur joviale, flanqué d‟une ribambelle d‟enfants qu‟il

    1avait eus, pour le premier, Alexandre, hors mariage, pour les deux

    2suivants, Auguste et Lucien d‟une épouse qui elle-même avait déjà une

    fille. Lethière. Formé par Vincent, il avait remporté à vingt-six ans le grand prix de Rome et séjourné au palais Mancini, sous la direction de Ménageot, entre 1786 et 1791. De retour à Paris, il fit son chemin au milieu des troubles politiques et en évitant de tomber sous la férule du tout puissant David. Il avait ouvert son propre atelier d‟où sortirent de charmantes élèves qui eurent le bon esprit de se marier avantageusement,

    mes les futures MMollien, Morin, Devaisne et surtout sa chère Hortense

    me Lescot, future MHaudebourt. Je ne sais pas si, comme le prétendent G. Capy et F. Laballe, ses convictions républicaines étaient fortement ancrées. Il est plutôt probable que comme beaucoup de ses

    contemporains artistes, Isabey et bien d‟autres, il s‟accommoda de la succession précipitée des régimes en tâchant de rester à l‟abri. Le fait est

    qu‟il s‟attacha rapidement au clan Bonaparte, Lucien surtout qui devint

     1 D‟une certaine Agathe Lapôtre. 2 Marie-Honorée Vanzenne.

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    Correspondance de Lethière

    son protecteur attitré, Élisa également qu‟il paraît avoir fréquenté à Paris

    avant qu‟elle ne devienne grande duchesse de Toscane. Il ne semble pas,

    en revanche, qu‟il ait particulièrement bénéficié de la considération de Napoléon, circonvenu par le trio David, Gérard et Gros, ni de la protection de l‟impératrice Joséphine qui avait elle-même son propre

    cercle.

    Les circonstances de sa nomination comme directeur de l‟Académie de France ne sont pas claires. L‟appui de Lucien Bonaparte compta sans

    te doute, peut-être aussi celui du cMollien, mais une fois que les autres

    concurrents aient été éliminés. Suvée, en poste depuis douze ans, mourut

    3à l‟improviste en janvier 1807 et personne ne s‟était trop occupé de

    penser à sa succession, au point qu‟il fallut nommer dans l‟urgence un

    directeur intérimaire, l‟académicien Pierre-Adrien Pâris qui, par chance,

    se trouvait sur place. On songea d‟abord à Guérin comme directeur

    titulaire, mais celui-cui refusa, comme il le fit d‟ailleurs une fois encore à la fin du directorat de Lethière. La classe des Beaux-Arts du nouvel Institut de France qui avait, depuis peu la tutelle de l‟Académie de France, proposa alors les noms de Regnault, Cartellier, Garnier et Monsiau. Une petite cabale fut alors montée, d‟après ce que rapporte l‟ambassadeur à

    Rome, Alquier, à laquelle participèrent madame Mère, Caroline Murat,

    ssereine de Naples, la p Pauline Borghèse pour pousser Lethière dont le

    plus grand titre était d‟avoir un fils sous les drapeaux.. Le card. Fesch s‟en mêla à son tour, mais pour inciter Paris à prendre plutôt qu‟un

    artiste, un administrateur issu du corps des Ponts-et-Chaussées. Le

    4ministre de l‟Intérieur Crétet, déjà valétudinaire ne sachant plus que faire,

    s‟en remit à la classe des Beaux-Arts qui plaida la cause des artistes

    contre celle de l‟administrateur extérieur et se décida finalement pour Lethière qu‟elle classa premier devant Taunay et Lemonnier. Le nouveau

    dirrecteur prit ses fonctions en octobre 1807.

    L‟état dans lequel il trouva la villa Médicis à son arrivée n‟était guère

    satisfaisant, non pas faute des soins que Suvée y avait apportés, mais parce que le déménagement du palais Mancini avait été délicat et surtout parce que l‟état français avait fait l‟acquisition à la Toscane d‟un bâtiment

     3 Sa veuve fit courir le bruit qu‟il évait été foudroyé par une attaque d‟apoplexie due aux mauvais rapports qu‟il entretenait avec certains pensionnaires. 4 Il mourut au début 1809.

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    Correspondance de Lethière

    inoccupé depuis près d‟un siècle et délabré dans bien des parties. Comme

    le font remarquer G. Brunel et I. Julia dans l‟édition de sa correspondance, Suvée avait fait de son mieux, en dépit d‟un salaire de directeur assez maigre (six mille francs), de fonds qui arrivaient de

    is manière aléatoire, soit par l‟intermédiaire du mLavaggi, correspondant

    de la banque Récamier, soit de Torlonia correspondant de la maison Perregaux, de lettres envoyées au ministère perpétuellement égarées, enfin d‟une sorte de désintérêt génral pour l‟établissement qui n‟était plus peuplé que de quatre peintres (Ingres, Granger, Odevaere et le nouvel arrivé Boisselier), de cinq sculpteurs (Milhomme, Eggenswiller, Laîtié, Marin et Giraud), de cinq architectes (Guénepin, Ménager, Vallot avec deux arrivants Dedéban et Bury), de deux musiciens (Dourlen et Gasse) et de trois graveurs dont un en médailles (Masquelier, Richomme, Tiolier), soit un total de vingt, alors que l‟année précédente, il en comptait vingt-trois. Suvée avait tout de même réussi à porter le salaire des pensionnaires à douze cents francs, à leur procurer à chacun un atelier, à augmenter considérablement la bibliothèque, à créer une galerie de plâtres pour l‟étude et une école du nu ouverte à tous les artistes de

    Rome. Ce sont plutôt les questions d‟intendance qui laissaient à désirer.

    On manquait pratiquement de tout, de la batterie de cuisine au linge ; la nourriture venait coûteusement d‟un traiteur extérieur et elle était exécrable ; les jardins et les fontaines étaient à l‟abandon, les chambres équipées d‟un mobilier spartiate et les appartements du directeur dépourvus de tout confort. Dans cet état d‟incurie, il était difficile d‟obtenir des pensionnaires un minimum de discipline et les dernières années du directorat de Suvée furent marquées par un certain laxisme. On dînait dans les chambres, on s‟absentait sans autorisation, on faisait les envois réglementaires à sa guise. Lethière, d‟un caractère conciliant, ne s‟en gendarma pas trop la première année, mais une reprise en main s‟avéra bientôt nécessaire, à commencer par la présence continuelle à la villa de modèles d‟une moralité douteuse qui créaient perpétuellement du scandale. Son premier soin fut toutefois de s‟assurer que son logement

    Parisien au palais des Quatre Nations lui serait conservé jusqu‟à son

    retour en France. Vint ensuite le règlement des situations particulières : celle de Milhomme qui demandait à continuer de bénéficier d‟une

    alpension qui lui avait été octroyée pour exécuter la statue du g Hoche,

    celui du musicien Gasse qui désirait continuer ses études à Naples, celle

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    Correspondance de Lethière

    des architectes Bury et Guénepin qui réclamaient une prolongation de pension. À la fin de 1807 on lui annonça l‟arrivée du peintre Heim, du sculpteur Caloigne et de l‟architecte Huyot. Il en profita pour réclamer du ministre une augmentation de la pension des élèves et des fonds pour la remise en état de la villa. Trois événements vinrent marquer le mois de décembre : la demande par le roi de Naples du rapatriement des tableaux du palais Farnèse dont l‟emballage fut confié à Lethière avec l‟aide de

    l‟académicien de Saint-Luc, Saia, l‟achat éventuel de la collection de

    plâtres que Ménageot avait laissés sur place et surtout le transport des antiquités Borghèse que Pâris avait choisis et rassemblés et qu‟il s‟agissait d‟acheminer vers la France. Cette dernière mission était délicate en raison du nombre des pièces enfermées dans près de trois cents caisses qu‟on

    entreposa momentanément dans l‟arsenal de Civitavecchia. Ils s‟y

    trouvaient encore deux ans plus tard et la proximité d‟un hangar rempli

    de paille avait de quoi inquiéter. Lethière fut à nouveau chargé, en juillet 1809, d‟examiner les lieux et d‟en vérifier la sécurité. Il fit évacuer la paille, reconstruire un mur en bordure de mer que les vagues franchissaient dangeureusement par temps de tempête et doubler la surveillance. Un autre aspect du dossier touchait au reliquat des statues jugées par Pâris de trop mauvaise qualité pour être expédiées en France, notamment en ce qui concernait celles qui ornaient le casin de la villa Borghèse. Le directeur de l‟Académie revit les pièces une à une et en

    5dressa un inventaire d‟où il ressortait qu‟aucune de ces pièces ne méritait vraiment d‟être expédiées, à grands frais. En 1810, on en chargea

    pourtant quelques-unes par voie de terre, dont beaucoup finirent dans le Pô par la faute d‟un transporteur négligent. C‟était le début d‟une des parts les plus importantes du directorat de Lethière, celle consacrée à la conservation, au transport, voire à l‟achat d‟œuvres d‟art, pour le compte

    de l‟État comme pour celui de particuliers de ses amis.

    Une des grandes préoccupations du directeur était d‟obtenir la Légion d‟honneur. Elle lui avait été promise avant son départ par le Grand Chancelier, Lacépède, mais rien n‟arrivait. Son raisonnement était que ses

    prédécesseurs, Ménageot et Suvée l‟avaient obtenue et que sur place, il faisait piètre figure en en étant privé, allant même jusqu‟à prétendre que c‟était le premier avantage de la place qu‟il occupait et qu‟on allait à

     5 Voir pièce annexe n?.

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    Rome pour cette raison. On peut dire qu‟il frappa véritablement à toutes les portes pour que son vœu se réalisât : auprès de Grand Chancelier qui

    ne cessa de lui donner de bonnes paroles, auprès de la grande duchesse de Toscane, de Mollien et sa femme, des sénateurs de Saint-Vallier et d‟Hédouville, de Denon, du secrétaire perpétuel Lebreton, du ministre de l‟Intérieur Montalivet qui avait succédé à Crétet en 1809, de Napoléon en personne. Rien n‟y fit et il n‟obtint qu‟en 1814 l‟ordre de la Réunion dont il sembla s‟accommoder.

    1808 fut l‟année des réclamations financières. Dans un premier temps, le directeur obtint un supplément de 600 f. sur ses frais de voyage de Paris à Rome et une augmentation de son traitement qui fut porté à huit mille francs. En avril, il apprit qu‟on faisait courir sur la présence de sa pupille lle MLescot à Rome des bruits désagréables. Il s‟en défendit amèrement

    lledevant Lebreton. M Lescot, au ? talent transcendant ? n‟habitait point

    llela villa (ce qui était faux) et Suvée avait bien vécu entouré de sa nièce M

    lle Mimi, de sa sœur MMarie et d‟une certaine demoiselle Bensi. Il était de

    plus un respectable père de famille, entouré de ses trois fils et de sa femme, avant que celle-ci, ne supportant pas le climat romain dont son mari s‟accommodait parfaitement, ne regagnât Paris en 1809. Alquier et Lucien Bonaparte (étrange caution) pouvaient se porter garant de ses bonnes mœurs.

    À partir de juin commença le ballet incessant de demandes de service adressées au directeur qui s‟y prêtait toujours de bonne grâce. Gérando,

    alors en poste à Florence, voulait acheter un collier de vingt quatre pierres gravées pour sa femme, puis lui demanda de faire visiter Rome à trois de ses adjoints, Nau de Champlouis, Candolle et Périer ; la grande duchesse de Toscane voulait posséder les plâtres des statues de son frère et de sa mère par Canova pour son académie de Carrare ; un ami de Gérando, de Drée, avait des objets antiques à faire passer en France. Il n‟était d‟ailleurs pas toujours payé en retour et la grande duchesse de

    Toscane refusa d‟intégrer à son académie des sculpteurs issus de celle de France.

    Le second souci de Lethière, après l‟obtention de la Légion d‟honneur, était celui de caser ses trois fils et le gendre de sa femme, Seruys. Il y déploya le même acharnement. L‟aîné, Alexandre, avait vingt ans et avait servi dans les armes ; il souhaitait de l‟avancement. Le second, Auguste,

    âgé de neuf ans en 1808, n‟était pas capable de grand-chose. Après des

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    études médiocres au collège Sainte-Barbe à Paris, son père, grâce à son ami Devaisne, le fit entrer à la régie des Sels et tabacs, mais il tomba malade et ne rendit sans doute pas les services qu‟on en attendait. En désespoir de cause, Lethière parvint à le faire entrer à l‟École militaire de

    alSaint-Germain, dirigé par un de ses amis, le g Radet, dans l‟espoir de lui

    voir intégrer la garde d‟honneur. Quant au jeune Lucien qui n‟avait que six ans, il fut envoyé en pensionnat à Paris en 1809. Lethière avait la fibre paternelle, peut-être en raison de sa propre origine, et ne cessa de vanter les mérites de sa progéniture et de celle de sa femme, sans obtenir de grands résultats et ses trois fils moururent d‟ailleurs avant lui dans des situations précaires.

    1809 fut la première année des difficultés financières. Le budget annuel de l‟Académie porté à cent mille francs aurait tout juste suffi au

    fonctionnement de l‟établissement si le nombre des pensionnaires était resté fixé à vingt cinq et les mensualités touchées dans leur intégralité. En réalité, le taux du change absorbait près de cinq cents francs par mois, prélevé par la banque Torlonia, correspondant de Perregaux-Laffitte à Paris. Le ministère en retenait également une partie pour servir aux frais de voyage des nouveaux pensionnaires partant pour Rome. Enfin, il

    ve fallut rembourser à la vSuvée ce que son défunt mari avait avancé,

    deux ans plus tôt (cent quatre vingt trois francs). À Paris, la situation n‟était pas claire ; le ministre de l‟Intérieur Crétet vivait ses derniers jours ;

    le chef du bureau des beaux-arts, Amaury-Duval, s‟il faut en croire les

    plaintes de Lethière, nourrissait une sourde hostilité à l‟endroit du

    èmedirecteur ; celui de la 3 division, Barbier-Neuville, chargé à la fois des bâtiments civils, des hôpitaux, des sciences et des beaux-arts était débordé et les appels au secours lancés régulièrement par Lethière ne recevaient pas de réponses. L‟organisation administrative de l‟Empire avait elle aussi changé ; Rome était devenue chef-lieu du département du

    te Tibre, avec à sa tête un préfet, le cde Tournon et un gouverneur de la

    te ville, le cMiollis, tandis que la Toscane et la Ligurie étaient gérées par le préfet de la Méditerranée, Guyon. Par voie de conséquence,

    onl‟ambassadeur, le b Alquier quittait ses fonctions, remplacé par un

    simple chargé d‟affaires, Lefebvre, qui n‟avait pas en charge le sort de l‟Académie de Frnce confiée aux soins de la Consulte où siégeaient

    on ondésormais le bde Gérando pour les affaires générales et le b Janet

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    pour ce qui concernait les finances. Il est vrai que la gestion de Lethière était assez fantaisiste, comme le furent celles de beaucoup de ses successeurs, peu familiers, au départ, avec les exigences de la comptabilité publique. Reports de crédit d‟une année sur l‟autre, dépenses soldées sans justificatif, additions fautives dans le rendu du compte annuel, absence d‟inscriptions aux inventaires, marchés passés sans appel à la concurrence. Fin mars, deux nouveaux pensionnaires (le peintre Odeveare et le graveur Demeulemeester demandèrent une prolongation de leur séjour, appuyée d‟ailleurs par le directeur, ce qu‟ils obtinrent, mais ce qui augmentait les charges de l‟Académie. Dans son désir de reprendre les choses en main au point de vue disciplinaire, Lethière se montra un peu brusque et les pensionnaires envoyèrent une pétition à l‟Institut. Il semble qu‟un des instigateurs ait été le sculpteur Ruxthiel, le plus âgé d‟entre eux, qui bénéficiait d‟appuis à Paris auprès de Lacépède notamment, qui lui avait commandé des statues pour le palais de la Légion d‟honneur, tandis que la Banque de France lui

    demandait une statue de l‟empereur. Fort de sa position, celui-ci réclama

    la possibilité de voyager en Italie à sa guise et de continuer à percevoir son traitement. En réalité, il ambitionnait un prompt retour dans la capitale pour se livrer à des ? travaux lucratifs ?. Le ton monta entre administrateur et administré, le premier traitant l‟autre de ? spéculateur ?

    et de ? jacquin ?, mais devant finalement céder sur ordre ministériel. La petite vengeance du directeur fut d‟accumuler les difficultés et les

    autorisations avant de procéder au paiement de la pension. Ruxthiel n‟obtint finalement qu‟au bout de deux ans le remboursement de ses

    frais de voyage et une somme de 600 f. Bon prince, il se chargea tout de même de recommander Léthière auprès de ses brillantes relations pour l‟obtention de sa décoration et de trouver aussi une place pour son

    malheureux camarade Dedéban qui avait dû rentrer prématurément à Paris.

    Il fallait aussi veiller à l‟acheminement régulier des envois annuels qui ne

    s‟était plus fait dans les dernières années du directorat de Suvée. Ne partirent que les travaux des peintres et des architectes. La sculpture, en raison du blocus continental, ne pouvait prendre la mer et par la terre ferme, le transport aurait été trop coûteux. Quant aux graveurs et aux musiciens, ils envoyaient souvent eux-mêmes leurs œuvres par voie

    postale à des dates aléatoires, ce qui retardait beaucoup le rapport général

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    Correspondance de Lethière

    du secrétaire perpétuel de la classe des Beaux-Arts, Lebreton. Celui-ci, depuis quelques temps, marquait une certaine froideur à l‟endroit du directeur que Lethière imputait à la perfidie d‟Amaury-Duval et lui

    procurait un sentiment d‟abandon général. La visite prestigieuse de Cuvier, en mai, le consola dans sa soif de reconnaissance. Homme parfaitement serviable, il avait aussi le tempérament d‟un courtisan et l‟ombre de la moindre défaveur, amicale ou politique, le rendait anxieux.

    Par chance, il pouvait compter sur la véritable amitié que lui portait Pâris, de retour en France et qui comptait dans ses relations Denon et un certain Fauchat, personnage influent au ministère de l‟Intérieur et sur celle de Gérando, également bien en cours. Pâris, outre ses bons offices, le tenait régulièrement informé de ce qui se passait à l‟Académie et lui

    prodiguait des conseils notamment en ce qui concernait l‟entretien de la villa Médicis. C‟est lui aussi qui continua de veiller au sort des antiques Borghèse dont le transport fut envisagé fin mai, par voie terrestre. Restait tout de même la question des finances et la perpective de voir arriver en septembre six nouveaux pensionnaires effraya à ce point le directeur qu‟il demanda au ministre de suspendre le concours de Rome de l‟année en cours ou plutôt de ne pas envoyer les lauréats à Rome. Comme à l‟accoutumé, il n‟obtint pas de réponse, mais simplement des avis rectificatifs du chef de la comptabilité, Bohain, sur ses états de dépense.

    6La mort du ministre avait sans doute bouleversé les services dont les

    réclamations n‟étaient pas toujours fondées, notamment en ce qui

    concernait la gestion intérimaire de Pâris de février à octobre 1807, dont Lethière n‟avait toujours pas obtenu quittance. De surcroît, on ne

    possédait aucune équivalence précise entre les poids et mesures romains et ceux en usage en France. On demanda donc à Lethière d‟envoyer un tableau d‟équivalence et trois poids fondus à la monnaie de Rome, pour

    la vérification des comptes. Sur ces entrefaits, la Consulte de Rome demanda, après l‟inspection des antiques Borghèse à Civitavecchia, que

    Lethière dressât l‟inventaire des tableaux confisqués à un anglais décédé à Rome, Colin Morison. Il en fut de même quelques mois plus tard, pour

    7ceux du duc de Hamilton, ancien ambassadeur à Naples et d‟un certain

    Moire. En septembre, la Consulte se mit également en tête d‟organiser

     6 Fouché fut nommé par intérim avant l‟arrivée de Montalivet. 7ce Entreposés chez le p Caracciolo.

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