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LES MOYENS MIS EN OEUVRE POUR REDUIRE

By Jeanette Olson,2014-12-29 18:02
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LES MOYENS MIS EN OEUVRE POUR REDUIRE

    Bulletin de l’ Union Française des Géologues - 2003

    LES METHODES D’EXPLOITATION ET DE REVEGETALISATION

    MISES EN PLACE DEPUIS LES ANNEES 70

    SUR LES MINES DE NICKEL DE NOUVELLE CALEDONIE

    B.Pelletier

    Département Géologie-Sondages, Société Le Nickel - SLN, Nouméa

    Par l’importance de ses ressources minières en nickel, la Nouvelle Calédonie se situe au troisième rang mondial pour la production de ce métal. La production minière annuelle moyenne des dix dernières années est de 4,7 millions de tonnes humides de minerai silicaté (minerai saprolitique appelé aussi minerai "garniéritique") et de 2 millions de tonnes humides de minerai oxydé (minerai latéritique) renfermant au total environ 115.000 tonnes de nickel métal, à comparer à une consommation annuelle mondiale qui dépasse un million de tonnes depuis quelques années. Ces minerais de nickel proviennent de l'altération supergène de péridotites mises en place à l'Ere Tertiaire, il y a environ 37 millions d'années, et qui couvrent un tiers de la surface de la Grande Terre.

    L'exploitation des minerais de nickel silicatés, qui a commencé vers 1876, se fait en mines à ciel ouvert. L'impact des exploitations sur l'environnement, d'abord limité, a rapidement pris de l'ampleur avec la mécanisation intervenue après la seconde guerre mondiale. Rappelons que de 1950 à 1957, la production minière annuelle est passée de 200.000 tonnes de minerai saprolitique (pour l’ensemble des mines de Nouvelle Calédonie) en 1950 à près de 2 millions de tonnes en 1957. L’exploitation des minerais latéritiques, traités en Australie, est

    plus récente et n’a commencé qu’en 1989.

    Les méthodes minières modernes

    Dans le milieu des années 70, de nouvelles méthodes minières ont été mises en place pour réduire l'impact de l'activité minière et, très tôt, les premiers essais de reconstitution d'un couvert végétal ont été tentés, en particulier sur les sites de verses à stériles latéritiques.

    Depuis la fin des années 80, de nouvelles recherches ont été entreprises, en Nouvelle Calédonie, et les travaux de revégétalisation de sites miniers ont progressivement pris de l'importance.

    Les méthodes minières modernes, mises au point par la SLN vers le milieu des années 70 et adoptées par les autres sociétés minières de Nouvelle Calédonie permettent de :

    - limiter au plus juste les ouvertures de chantiers de prospection (sondages héliportés

    dans certains cas) et d'extraction (bonne reconnaissance préalable des gisements,

    ouverture des accès avec évacuation et stockage des déblais,...);

    - empêcher la dégradation de la couverture végétale des versants situés en contrebas

    des chantiers durant les travaux miniers, l'extraction des minerais étant menée en

    conservant en permanence un merlon de terrain naturel protecteur;

    - éviter l’encombrement des rivières par des matériaux saprolitiques ou latéritiques

    fins en contrôlant les eaux de ruissellement (caniveaux, décanteurs,...);

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    - stabiliser les stériles miniers qui sont stockés au voisinage des sites d'extraction

    (latérites pauvres du recouvrement et blocs stériles de péridotites saines) : depuis

    1975, environ 200 millions de tonnes de stériles ont été ainsi stockés sans porter

    atteinte à l'environnement.

    Mine exploitée avec conservation d’un merlon Verses à stériles latéritiques avec pralinage rocheux

    de terrain naturel (Thio, Kongouhaou) frontal et essais de révégétalisation (Thio, Kongouhaou)

     Depuis le début des années 90, des études géotechniques ont été entreprises avec l'assistance de spécialistes pour accroître la capacité des sites de stockage des stériles miniers latéritiques. L'épaisseur maximale initialement limitée à 40 mètres peut désormais être portée à 100 mètres environ, en réduisant légèrement la pente du talus frontal. La démonstration de la stabilité de tels sites de stockage a été faite par la mise en place, sur plusieurs centres miniers SLN, d'instruments de mesure et de surveillance appropriés (Kouaoua, Kopeto, Kaala). Cet accroissement de la capacité des sites de stockage des stériles va permettre d'en diminuer le nombre et, par conséquent, de réduire les surfaces de terrains naturels touchées par l'activité minière.