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auster-paul

By Francis Hamilton,2014-06-24 16:20
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auster-paul

    André Durand présente

    Paul AUSTER

    (États-Unis)

    (1947-)

    Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

    qui sont résumées et commentées.

    Bonne lecture !

    Il est né le 3 février 1947 à Newark (New Jersey), de parents nés aux États-Unis mais originaires d'Europe centrale. Très tôt au contact des livres par l'intermédiaire de la bibliothèque de son oncle traducteur, Allen Mandelbaum, il commença à écrire à l'âge de douze ans, des poèmes. Il fit un premier voyage en Europe (Italie, Espagne, Paris et Dublin, en l‟honneur de James Joyce). Puis il

    commença des études à l‟université Columbia de New York. En 1966, il rencontra Lydia Davis qui,

    étudiante à „‟Barnard College‟‟, était une lectrice passionnée de Beckett et dont le père, professeur d‟anglais, présenta Paul Auster au poète français Francis Ponge. Il écrivit de brillants articles sur des livres, sur des écrivains (Knut Hamsun, Kafka ou Jacques Dupin) et sur des films dans „’The

    Columbia daily spectator’’ et commença à traduire des écrivains français (Dupin, Du Bouchet). En 1969, il obtint une maîtrise en anglais et en littérature comparée. Grâce à un bon tirage, il échappa au service militaire et à la guerre au Viet-Nam. Il commença de premières versions de romans : „’In the

    country of the last days’’ et „’Moon palace’’ car il confia : ?Mon rêve a toujours été, depuis le début,

    d’écrire des romans car cela vous donne, plus que n’importe quoi d’autre, l’occasion d’explorer tous les aspects de vous-même.?

    Après un travail sur un pétrolier, en février 1971, Lydia et lui vinrent en France où il allait résider à Paris pendant quatre ans. Il voulut y faire du cinéma, mais rata le concours d'entrée de l'IDHEC. Il connut alors une dizaine d‟années difficiles, écrivant des scénarios pour des films muets qui ne virent pas le jour mais qu'on retrouva plus tard dans Le livre des illusions’’ ; des articles pour des revues ;

    des traductions d‟oeuvres d‟écrivains français (Mallarmé, Flaubert, Apollinaire, Sartre, Simenon) ; des

    poèmes et des essais qu‟il publia dans des journaux américains. De retour aux États-Unis, il travailla pendant des années dans une relative obscurité jusqu‟à ce qu‟il commençât à attirer l‟attention des

    critiques avec :

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    Unearth

    (1974)

    Recueil de poèmes

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    Wall writing

    (1976)

    Recueil de poèmes

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    ’Laurel and Hardy go to heaven’’

    (1977)

    ’Laurel et Hardy vont au paradis’’

    Pièce de théâtre

    Laurel et Hardy sont quelque part au milieu de nulle part cernés par de gros blocs de pierres qu‟ils doivent empiler pour construire un mur, sans outils et sans aide, avec des instructions très précises et un temps imparti pour le faire. Ils sont seuls mais surveillés et peuvent être inspectés à tout moment.

    Commentaire

La pièce, qui parle de la pression constante, de l‟obligation de faire et de la révolte qui va avec, de la

    résignation qui nous gagne, de l‟épuisement au travail, du sentiment constant de la précarité, de la fragilité de l‟être humain, de la solitude, donne une sensation d‟oppression diffuse, d‟enfermement. Elle se situe du côté de chez Beckett. Les deux héros induisent la forme du texte qui est construit comme un scénario de leurs films, avec leurs codes relationnels, leur façon de bouger, leurs gags visuels... Ces deux hommes triment et leur fatigue est implacable, mais on rit souvent à les voir se débattre dans ces questions existentielles que l‟auteur leur met en bouche ; c‟est pour cela aussi que l‟on est ému. À la fin, la seule question qui vaille, celle que pose Paul Auster, celle que se posent Laurel et Hardy, et celle que nous nous posons tous, est : ? C‟est quoi, la vie? ?.

    Cette pièce de jeunesse, antérieure à l‟œuvre romanesque, n‟a pas la densité d‟écriture qui viendra exploser dans les romans. Mais tout Paul Auster était déjà là en germe avec ses fausses pistes, ses changements de direction, ses histoires dans l‟histoire et cette sensation étrange de marcher sur un fil entre réalité et fiction.

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En 1979, Paul Auster divorça de Lydia Davis.

    ll tenta en vain, sous le pseudonyme de Paul Benjamin (Benjamin étant son second prénom), de faire publier son premier roman :

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    ’Squeeze play’’

    (1982)

    ’Fausse balle’’

    Roman

    Commentaire

C‟est un roman policier.

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    En 1979, la mort de son père apporta à Paul Auster un petit héritage qui le remit à flot et qui lui inspira L'invention de la solitude’’.

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Il put publier :

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    ’Facing the music’’

    (1980)

    Recueil de poèmes

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    White spaces

    (1980)

    ’Espaces blancs’’

    Recueil d‟essais

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Il rencontra la romancière Siri Hustvedt qu'il épousa en 1981.

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    The art of hunger

    (1982)

    ’L'art de la faim’’

    Recueil d‟essais, de préfaces et d‟interviews

Il contient en particulier des critiques des maîtres de Paul Auster en littérature.

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    The invention of solitude

    (1982)

    ’L’invention de la solitude’’

    Autobiographie

C‟est à la fois le souvenir de la mort de son père, d‟un ? fait divers familial ? (sa grand-mère avait tué

    son mari qui la trompait) et une méditation sur l‟acte d‟écrire.

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En 1983, Paul Auster publia „’A tomb for Anatole’’, traduction des notes prises par Stéphane Mallarmé

    en vue d‟un poème où il voulait célébrer la mémoire de son fils décédé. _________________________________________________________________________________

    City of glass

    (1985)

    ’La cité de verre’’

    Roman de150 pages

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    À New York, le détective et auteur de romans policiers Quinn est chargé, par un enfant étrange et sa mère qui l'appellent Paul Auster, de veiller à ce que n'approche pas de leur logis le père qui a été enfermé à cause de l'éducation aberrante qu'il a donnée à son fils. Or le vieil homme ne se soucie pas de le revoir, mais suit, au fil des jours, dans les rues de la ville, un parcours qui semble répondre à une obsession. Cependant, il disparaît et c'est le détective lui-même qui est emporté dans une folle spirale où il prend différentes identités.

    Commentaire

Paul Auster jouait avec les conventions du roman policier, posait des questions sur l‟identité humaine

    qui sont accentuées par le cadre ambigu qu‟offre New York.

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    Ghosts

    (1986)

    „‟Revenants‟‟

    Roman

    Un détective privé connu sous le nom de Blue enquête sur un nommé Black pour un client nommé White. Il passe des années à surveiller Black qui, de l‟autre côté de la rue, écrit un livre.

    Commentaire

Pourquoi Blue agit-il ainsi? La réponse n‟est pas facile, mais des critiques ont suggéré que le propos

    d‟Auster était précisément de montrer que la réalité est incertaine alors que les histoires policières d‟habitude la fixent avec une intrigue fermée et des personnages simplifiés.

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    The locked room

    (1986)

    ’La chambre dérobée’’

    Roman

    Un auteur en étudiant, pour une biographie, la vie de Fanshawe, un écrivain brillant qui a disparu et est considéré comme mort, en vient à prendre son identité.

    Commentaire

    La critique apprécia ce roman, le considérant à la fois comme le plus accessible et comme le plus habilement conçu de la trilogie parce qu‟il est imprégné des préoccupations philosophiques d‟Auster

    qui a créé aussi des personnages prenants et une intrigue pleine de suspense. _________________________________________________________________________________

    En 1987, ces trois romans de détection post-modernes et expérimentaux qui usent de la forme policière à des fins psychologiques, pour traiter de questions existentielles et de questions d‟identité,

    furent réunis sous le titre : “The New York trilogy („’La trilogie new yorkaise’’). Ils valurent à Paul

    Auster une grande renommée.

    De 1986 à 1990, il donna le cours d‟écriture créative à l‟université Princeton.

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    ’In the country of last things’’

    (1987)

    ’Le voyage d'Anna Blume’’

    Roman

    Dans un avenir dévasté et apocalyptique, dans une grande ville qui disparaît peu à peu, Anna Blume cherche son frère qui a disparu. Au fur et à mesure de ses errances dans ce monde à la dérive, il devient de plus en plus clair que ce qui semblait d‟abord être situé dans l‟avenir est en fait la réalité urbaine actuelle, intensifiée et examinée avec perspicacité.

    Commentaire

    Ce roman onirique qui nous entraîne dans un de ces univers à mi-chemin du réel et du symbolique (le titre original étant plus signifiant en annonçant ? le pays des choses dernières ?), dans une situation

    véritablement kafkaïenne, peut prêter à de multiples interprétations, pas forcément compatibles entre elles mais pas inexactes non plus. La plupart des propos tenus par Anna, si on les prend au pied de la lettre, sont complètement délirants. Par exemple : ? Il y a des gens qui sont si minces qu'il leur

    arrive d'être emportés par le vent... il n'est pas rare de voir les gens se déplacer par deux ou par trois - parfois ce sont des familles entières ficelées et enchaînées ensemble - pour se lester mutuellement face aux bourrasques. ? Elle se fixe sur des détails, comme l‟usage détourné des objets : les

    charriots des supermarchés utilisés pour collecter des détritus (seule manière de survivre dans cette ville où tout se déglingue) prennent une place centrale dans la vie des habitants, à un point tel qu'ils les accrochent à eux par une sorte de cordon ombilical pour ne pas se les faire voler. On peut y voir la critique acide d'une société où la consommation rend fébrile.

    Les critiques apprécièrent l‟habileté avec laquelle Auster sut unir des préoccupations philosophiques

    et esthétiques avec la création de situations et de personnages saisissants.

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    Moon Palace

    (1989)

    Roman

À New York, au milieu des années soixante, „Moon Palace’’ est une enseigne de Broadway que le

    narrateur aperçoit de la fenêtre de sa chambre sordide. Il s'appelle M.S. Fogg : M comme Marco (Polo), S comme Stanley (le journaliste américain à la recherche de Livingstone en Afrique) et Fogg comme le personnage du Tour du monde en quatre-vingts jours’’ de Jules Verne. C‟est, à l‟université

    Columbia, un étudiant désargenté qui semble toujours évoluer dans un léger brouillard (comme l‟indique le ? fog ? de son nom). Lorsqu'il était enfant, il a perdu sa mère qui fut renversée par un autobus, et il ignore tout de son père. Il lui reste son oncle adoré, Victor, grand inventeur de mondes imaginaires qui lui lègue un millier de livres disparates. À propos des luttes des années soixante contre la guerre du Viêt-nam, il précise que sa ? propre histoire s'enracine dans la caillasse de ce

    temps-là, et ne peut avoir aucun sens si ceci n'est pas entendu ?. À la frange du désespoir, il se lance,

    clarinette sous le bras, à la conquête du succès vers l'Ouest des États-Unis. Il fait la connaissance d'êtres bizarres, déracinés, mais d'un relief étonnant. Ainsi, Thomas Effing est un riche vieillard aveugle, aussi diaboliquement attirant qu'insupportable ; Salomon Barber, professeur de gauche, est un homme moralement meurtri, d'une obésité hors du commun dont il se sert comme d'un rempart face aux agressions du monde extérieur.

    Commentaire

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    De l‟université Columbia jusqu'aux grands espaces de l'Utah, en passant par une visite mémorable au musée de Brooklyn, c'est à un voyage ludique et plein d'émotions délicates que nous convie Paul Auster, un voyage où le lecteur ne sait jamais si cet étudiant américain des années soixante va se trouver ou se perdre. L‟auteur, qui souvent présenta des versions novatrices des genres traditionnels,

    a, cette fois, créé un roman picaresque, un roman de formation qui montre la situation classique d‟un

    orphelin cherchant à devenir un homme et à se trouver une identité indépendante. Paul Auster a structuré son roman sur l'oscillation entre deux ?S. B.? : Samuel Beckett, le minimal, et Saul Bellow, l'extravagant.

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    ’Ground work’’

    (1990)

    Recueil de poèmes

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    The music of chance

    (1990)

    La musique du hasard

    Roman

    Jim Nashe part pour des voyages destinés à lui permettre de se définir. Il tombe sur Pozzi, un joueur, et les deux hommes finissent endettés. Ils s‟emploient, vain travail de moine, à la construction d'un mur qu'ils auront ensuite à défaire, pierre par pierre, une de ces tâches à la fois absurdes et admirables qui procurent à qui s'y adonne une sorte de rédemption.

    Commentaire

    Le jeu et les voyages sont pour Auster des métaphores du rôle du hasard et des coïncidences dans les vies des individus.

    Le roman impressionna les critiques, qui y virent une poursuite des spéculations philosophiques qu‟il

    avait déjà montrées dans la trilogie new yorkaise.

    En 1993, le roman fut adapté au cinéma par Philip Haas, et Paul Auster tint un rôle dans le film. _________________________________________________________________________________

    Leviathan

    (1992)

    „‟Léviathan‟‟

    Roman

    Une course de vitesse s‟engage dès le premier chapitre. En effet, quand Peter Aaron (P.A. comme Paul Auster) lit dans les journaux que, sur une route du Wisconsin, on a retrouvé le corps défiguré d‟un homme qui s‟est tué en manipulant un engin explosif, il n‟hésite pas : il s‟agit à coup sûr de

    l‟écrivain Benjamin Sachs qui fut son très proche ami. Et il entreprend aussitôt de reconstituer et d‟écrire l‟histoire de Sachs, pour qu‟on sache quelles interrogations sur l‟identité américaine l‟ont conduit à cette fin quasiment prévisible, et pour contrecarrer ainsi les mensonges des enquêteurs. Dès lors, il se lance sur toutes les pistes qui s‟ouvrent, explore les étrangetés de conduite qu‟il découvre (en particulier celles des couples et des femmes) et relève avec soin chacune de ces coïncidences qui sont comme un rictus du destin. Benjamin Sachs, tombé d'un balcon, a été ralenti dans sa chute spectaculaire par une corde à linge bien placée et fort résistante. Il s'en est sorti avec

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    quelques légères égratignures, mais ne retrouva pas l'équilibre qui lui aurait permis de recouvrer une vie normale. Persuadé d'avoir lui-même provoqué sa chute, de l'avoir méritée par son action, d‟avoir survécu miraculeusement à cette chute qui aurait dû lui être fatale, ce signe divin lui fit poursuivre son existence comme s'il portait sur ses seules épaules tout le poids de l'humanité coupable. Il renonça à l'écriture de romans subversifs pour devenir un terroriste de petite envergure, préférant désormais l'action à la réflexion.

    Commentaire

    Si chacun des romans de Paul Auster contient des parcelles de lui, le plus grand dépositaire de sa vie est sans doute celui-ci, où la biographie du narrateur se confond avec celle du romancier. Le renoncement de Benjamin Sachs à l‟écriture semble traduire la propre réflexion d‟Auster face à

    l'apparente inutilité de son métier ; il confie : ?Lorsqu'on demandait à Samuel Beckett pourquoi il

    écrivait, il répondait : "Bon qu'à ça." C'est un peu ce que je ressens aussi.? L'une des héroïnes se

    donne un vain travail de moine : elle s'est mis en tête de se souvenir de tous les noms inscrits dans un carnet de téléphone trouvé dans la rue, une de ces tâches à la fois absurdes et admirables qui procurent à qui s'y adonne une sorte de rédemption. Et, soudain, on comprend que l‟une des clefs

    essentielles dans l‟art de ce romancier si différent, c‟est sa manière d‟être moins le portraitiste que le biographe de chacun de ses personnages. Le délire parfois mortel qui les anime nous devient aussi présent que si nous vivions parmi eux et, du coup, les lignes de fuite du récit, à la manière d‟un

    trompe-l‟œil, s‟inscrivent dans la perspective des nôtres.

    Le roman a obtenu le prix Médicis étranger.

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    ’Auggie Wren's Christmas story’’

    (1992)

    ’Le conte de Noël d'Auggie Wren’’

    Nouvelle

    Auggie Wren est un drôle de marchand de cigares. Chaque jour, il photographie le même angle de rue. Ainsi reconstruit-il petit à petit l'œuvre du temps et l'histoire des habitants du quartier. ?Si on ne

    prend pas le temps de regarder, on n'arrive jamais à rien voir?, affirme-t-il. Ralentir est la

    préoccupation d'Auggie, qui est parfois davantage marchand d'anecdotes que de cigares. Il se souvient ainsi de cette nuit de Noël, où voulant rapporter un portefeuille oublié dans sa boutique, il passa la soirée avec une vieille aveugle qui le prit pour son petit-fils prodigue. La vieille dame s'était-elle aperçue de la supercherie? Auggie a-t-il vraiment fait ce geste qu'il regrette tant? Toute cette histoire a-t-elle seulement eu lieu? Peu importe, on y croit.

    Commentaire

    À la manière de Dickens ou de O. Henry, Paul Auster a le don de nous emmener dans un récit à la fois ancré dans la réalité de son Brooklyn et mêlé à la magie de Noël.

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    ’The red notebook’’

     (1993)

    Le carnet rouge

    Recueil de treize nouvelles

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    Le carnet rouge existe bel et bien. Depuis des années, Paul Auster y consignait des événements bizarres, coïncidences, étrangetés et autres invraisemblances, faits qui se sont produits en un engrenage surprenant et dont il fut un jour victime, confident ou témoin. En anecdotes de quelques pages, parfois seulement de quelques paragraphes, on peut lire treize nouvelles archibrèves où il se révèle un collectionneur passionné (et un rien inquiet) des bons et mauvais tours que lui a réservés la réalité.

    Commentaire

    Ce florilège, cette fascinante miniature de son univers, Paul Auster le désigne volontiers comme son ? art poétique sans théorie ?. Et, à la vérité, on y entend avec une netteté parfaite sa fameuse ? musique du hasard ?. Mais l'extravagance est plutôt fade et l'insolite sans surprise. Sur le thème des coïncidences et du hasard, il a fait mieux.

    En 2004, d'après le recueil, Mathieu Simonet tourna un court métrage.

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    En 1993, en France, Paul Auster fut fait chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres. _________________________________________________________________________________

    Mr. Vertigo

    (1994)

    Roman

    Walter Claireborne Rawley, un vieil homme de soixante-dix-sept ans, prend la plume pour raconter sa vie. Dès les premières lignes, il confie qu'il a un don exceptionnel : il peut voler dans le ciel comme un oiseau ! Mais le mystère est ailleurs. S‟il a décidé de se pencher sur son passé, c'est peut-être

    pour comprendre comment sa vie de jeune orphelin crapuleux, maltraité par son oncle et réduit à mendier dans les rues de Saint-Louis, pendant la crise économique de 1929, a pu un jour prendre une trajectoire aussi extraordinaire. Il devint un prodige de foire grâce à maître Yehudi, un sage juif hongrois qui le prit sous son aile et lui a, à travers des rites chamaniques, yogiques, parfois zen aussi, appris à voler dans les airs. Il est passé par la Deuxième Guerre mondiale, les horreurs du Ku-Klux-Klan, des poursuites dans le désert, des coups de feu, des kidnappings, autant d'événements heureux ou tragiques qui ont contribué à faire de lui l'homme qu'il est au moment où il nous raconte l'histoire de sa vie.

    Commentaire

    Le roman, à la fois fabuleux et réaliste, vraiment baroque, frôle le féerique de façon jubilatoire et cohérente, fait découvrir les facettes d'une étrange Amérique (ganstérisme, Ku Klux Klan, etc.). Si apprendre à voler n'arrive que dans les contes, dans les mythes, on comprend que c‟est aussi

    apprendre à se connaître soi-même, à dépasser ses peurs, à se retrouver parfois dans des situations de survie extrême. On suit les aventures du héros avec intérêt.

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Séduit par le cinéma, Paul Auster écrivit les scénarios et fut co-réalisateur des films Smoke” (1995,

    „‟Nicotine‟‟), ’Brooklyn Boogie’’ (1995), Blue in the face” (1995, „’Tabagie en folie’’), Lulu on the

    bridge” (1998, „’Lulu sur le pont’’) et „’The center of the world’’ (2001, „’Le centre du monde‟‟) de

    Wayne Wang, petits films tournés avec de grandes stars... et des bouts de ficelle, célébrant la richesse de certains quartiers de la métropole américaine. On y retrouva ces figures si attachantes, bien sûr torturées par de mauvais souvenirs, comme celle de l‟écrivain broyant du noir après la mort

    de son épouse, qui s'est suicidée quelques années plus tôt, comme celle du propriétaire du „‟Brooklyn

    Cigar Co.‟‟, philosophe de comptoir, témoin des bouleversements récents dans la vie de son client

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    hanté par les fantômes de son lourd passé. Ces belles cartes postales sont un hommage à New York, une ville qui avait beaucoup changé, et pas toujours pour le mieux.

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    ’Why write?’’

    (1996)

    ’Le diable par la queue / Pourquoi écrire?‟‟

    Essai

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    ’Hand to mouth : a chronicle of early failure’’

    (1997)

    Autobiographie

    Paul Auster y évoque la période qui a précédé son grand succès de romancier, quand il essaya de vivre seulement de sa plume et subit un considérable échec, qu‟il savoura presque comme une

    preuve de son sérieux. Il révèle peu de sa vie personnelle, le fait seulement dans la mesure où elle affectait ses ambitions littéraires. Les critiques admirèrent la prose sobre de l‟auteur, son regard sans

    concession sur lui-même.

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En 1998, Paul Auster publia „’Chronicle of the Guayaki Indians’’, une traduction de l‟ouvrage

    ethnographique de Pierre Clastres, „’Chronique des indiens Guayaki’’.

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    Timbuktu

    (1999)

    „‟Tombouctou‟‟

    Roman

    Willy G. Christmas, vagabond professionnel, schizophrène et tuberculeux, et rimailleur bouffon, erre dans Baltimore en compagnie de Mr Bones, son fidèle chien. Son but : retrouver Bea Swanson, son ancienne professeuse de littérature, et lui confier son compagnon ainsi que soixante-quatorze précieux cahiers, toute son œuvre littéraire, qui compte notamment les huit cents premiers vers d'une épopée inachevée, Jours vagabonds’’. Mais il meurt avant d'avoir pu assurer l'avenir de ses écrits et mener à bien son projet : se rendre à Tombouctou, cette ? oasis pour les esprits ?. Mr Bones se

    retrouve alors livré à lui-même, privé de ce maître qui fut pour lui le pivot et la raison d'être de l'univers et qui, pour lui c'est une évidence, est désormais à Tombouctou, l'au-delà des bienheureux où les chiens sont doués de la parole. Plein de son souvenir, de ses pensées et expériences, il doit affronter seul un monde riche en dangers…

    Commentaire

    Paul Auster traita ici avec tendresse des rapports privilégiés qui unissent l'être humain à son compagnon domestique ; il le fit avec originalité, en adoptant le point de vue de l'animal. Les harangues de Willy et les souvenirs que Mr Bones garde des méditations de son maître constituent la plus grande part d'une fable romanesque écrite avec un art de la narration qui, depuis son premier livre, a fait la réputation de Paul Auster.

    La critique a apprécié le côté épuré de ce roman ? philosophique ?.

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    ’I thought my father was God and other

    and other true tales from Npr’s national story project’’

    (2001)

    ’Je pensais que mon père était Dieu et autres récits de la réalité américaine’’

    Recueil de textes

La ? musique du hasard ? est le dénominateur commun aux récits qui composent cet ouvrage qui

    n‟est pas à proprement parler une œuvre de Paul Auster, mais plutôt une anthologie d'histoires vraies

    aux allures de fiction, sélectionnées parmi un ensemble de quatre mille textes qu‟il a reçus dans le

    cadre d'une émission de radio ; en tout, cent soixante-douze textes courts, écrits exclusivement par des auditeurs américains, de tous âges et de tous horizons sociaux et qui vont de la farce à la tragédie, du rire aux larmes, dix rubriques tentant d'organiser ce chaos de voix. Le résultat est inégal : le style est souvent maladroit, et rares sont les récits véritablement littéraires, comme le remarque l'auteur lui-même dans sa préface. Mais l'essentiel n'est pas là : dans leur rugosité même, toutes ces histoires sont sincères et humaines, donc touchantes. ? Dépêches du front de l'expérience

    personnelle ?, elles ont aussi une portée historique et sociale qui les rend souvent universelles : plus d'un lecteur se reconnaîtra dans tel ou tel individu, exilé d'un monde auquel il appartient pourtant. Cet ouvrage est à lire comme on feuilletterait un album de photos.

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    The book of illusions

    (2002)

    ’Le livre des illusions’’

    Roman de 380 pages

    Le narrateur, David Zimmer, se rappelle l'accident d'avion qui, le 7 juin 1986, a causé la mort de son épouse, Helen, et de ses deux fils, Todd et Marco, et qui l'a anéanti. Il aurait dû être à bord lui aussi. Mais les travaux de fin de session de ses étudiants l'ont retenu dans le Vermont, à Hampton, où il enseigne la littérature comparée. En congé, enfermé chez lui, refusant toute aide extérieure, tout contact, toute visite, il passe ses journées à boire du whisky et à ?zapper? entre toutes les chaînes de télé mises à sa disposition. Jusqu'au soir où il tombe sur un vieux film muet qui le fait rire. Un petit miracle, une révélation que le visage d'Hector Mann. David Zimmer ne connaît que peu de chose au cinéma. Et il n'est surtout pas cinéphile. Mais il rit. Celui que les vivants n'intéressent plus rit des facéties d'Hector Mann. Son rire le surprend : il se croyait mort avec les siens, mais voilà qu'il découvre que quelque chose vit toujours en lui. Quelque chose qu'il ignorait, quelque chose d'inexploré dans le monde qui s'est éteint le 7 juin 1986. Une chose qui ne lui permet peut-être pas d'imaginer l'avenir mais à laquelle il s'accroche pour ne pas mourir. ?Cela peut sembler sans

    importance, nous raconte-t-il, mais c'était la première fois depuis juin que je riais de quoi que ce fût et en sentant ce spasme inattendu monter dans ma poitrine et se mettre à chahuter dans mes poumons, je compris que je n'avais pas encore touché le fond, qu'il restait en moi quelque chose qui souhaitait continuer à vivre.? Devenu riche après la mort accidentelle de sa femme et de ses enfants, il se retire à Brooklyn (où il loue un deux-pièces, Pierrepont Street) et fait le projet de suivre à la trace les films d‟Hector Mann répartis dans les principales archives cinématographiques en Europe et aux États-Unis. ?Vous écrivez un livre sur Hector Mann?? demande celle auprès de qui il espérait obtenir

    l'accès aux films du cinéaste. ?Oui?, répond-il, étonné de s'entendre lui-même répondre ainsi. Et c'est ainsi qu‟il se lance dans un projet qu'il n'aurait jamais pu formuler lui-même : étudier les douze films

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