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CIVILISATION AMERICAINE

By Miguel Crawford,2014-08-29 09:54
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CIVILISATION AMERICAINE

    CIVILISATION AMERICAINE

    Plan

    1. Les institutions ............................................................................................................................ 2

    1. La constitution américaine ....................................................................................................... 2

    A. Les origines ........................................................................................................................ 2

    B. Les principes fondateurs ..................................................................................................... 2

    C. Le texte de la Constitution .................................................................................................. 3

    2. Le pouvoir législatif : le Congrès ............................................................................................. 3

    A. La chambre des représentants ............................................................................................. 3

    B. Le Sénat .............................................................................................................................. 4

    C. Le vote des lois ................................................................................................................... 4

    D. Les autres rôles du Congrès ................................................................................................ 5

    E. Les imperfections du système .............................................................................................. 5

    3. Le pouvoir exécutif : le Président et le Vice-président ............................................................. 6 A. L’élection à la présidence ................................................................................................... 6 B. Le Vice-président................................................................................................................ 7

    4. Le pouvoir judiciaire : la Cour Suprême .................................................................................. 8

    5. Les partis politiques................................................................................................................. 8

    A. Le parti Démocrate ............................................................................................................. 8

    B. Le parti Républicain ............................................................................................................ 9

    2. L’immigration ........................................................................................................................... 10

    1. une immigration par vagues successives ................................................................................ 10 2. La politique d’immigration aux Etats-Unis ............................................................................ 11 A. Le tournant des années 60 ................................................................................................. 11

    B. La politique actuelle .......................................................................................................... 11

    3. L’immigration illégale ........................................................................................................... 12

    3. Les minorités ............................................................................................................................ 13

    1. Les noirs ............................................................................................................................... 13

    A. un passé d’esclavage ......................................................................................................... 13 B. la législation des années 60 ............................................................................................... 14

    C. les noirs aujourd’hui ......................................................................................................... 14 2. Les Hispaniques .................................................................................................................... 15

    A. Origines et caractéristiques ............................................................................................... 16

    B. Profil socio économique et politique ................................................................................. 16 4. L’enseignement ......................................................................................................................... 18

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1. Les institutions

    1. La constitution américaine

    Les Etats-Unis possèdent une Constitution qui comprend sept articles adoptés en 1787, ratifiés en 1789, ainsi que 27 amendements qui s’y sont ajoutés au fur et à mesure de 1791 à 1992. Les dix

    premiers amendements forment une déclaration des Droits, et sont appelés le Bill of Rights. La Constitution est la loi suprême des Etats-Unis. Sorte de contrat social, c’est elle qui fixe les

    règles de l’organisation du pouvoir, symbolise l’unité nationale et garantit la protection institutionnelle du citoyen. Elle est l’aboutissement des idées des penseurs du siècle des Lumières marquée au sceau de la liberté et de l’égalité et adaptée aux réalités américaines.

A. Les origines

La Constitution américaine est née à la suite de la guerre d’Indépendance contre l’Angleterre (1775-

    1785), guerre qui met fin à la domination des Anglais sur un territoire comprenant à l’époque 13 colonies assujetties à la couronne britannique. En 1776, Thomas Jefferson préside une commission qui signe la Déclaration d’Indépendance (adoptée le 4 juillet, date de la fête nationale américaine) qui rejette définitivement l’autorité du roi d’Angleterre Georges III.

    Or, les articles de la Confédération rédigés un an plus tard (1777 et mis en œuvre en 1781) se

    révélant, à l’usage, insuffisants pour assurer la bonne marche du pays, la jeune République doit se doter d’une Constitution en bonne et due forme.

    C’est ainsi qu’à Philadelphie, en mai 1787, un Convention de 55 membres que l’on appellera les Pères Fondateurs, comprenant George Washington, Benjamin Franklin et James Madison se réunit et présente, le 17 septembre de la même année, après de nombreuses tractations entre les partisans et les adversaires d’un pouvoir central fort (fédéralistes et antifédéralistes), le document de sept articles qui va devenir, deux ans plus tard, après sa ratification par au moins neuf des treize Etats-membres, la Constitution des Etats-Unis.

B. Les principes fondateurs

    La Constitution américaine repose sur trois grands principes : la séparation entre les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, l’équilibre entre les droits des Etats et le pouvoir fédéral, ce dernier ayant préséance sur le pouvoir des premiers, et le respect des droits et libertés individuels que garantissent les 10 premiers amendements.

    Chacun des trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire est clairement séparé des deux autres, mais exerce son contrôle sur ceux-ci, le but étant, pour reprendre les termes de Louis Brandeis, juge à la Cour suprême au début du siècle, ? d’empêcher l’exercice arbitraire du pouvoir ?. C’est ce

    qu’on appelle le système de poids et de contrepoids. Par exemple, c’est le Congrès qui vote les lois, cependant le Président possède un droit de veto et la Cour suprême peut s’opposer à une loi qu’elle considère comme anticonstitutionnelle. De même, les choix du Président qui met en place une équipe présidentielle ou qui choisit les juges de la Cour suprême et les juges fédéraux doivent être avalisés par le Congrès. En outre, les mandats respectifs du Président et des membres du Congrès n’ont pas la même durée, ce qui est une sorte de garde-fou contre tout influence ou pression

    inopportune.

    Les Etats possèdent chacun une certaine autonomie. Ils sont organisés selon le même modèle que l’Etat fédéral, avec une constitution, un pouvoir exécutif (le gouverneur), une législature composée

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    de deux chambres et une cour suprême d’Etat. Chaque Etat possède en outre sa propre police, prélève ses propres impôts, a son propre système scolaire, etc. Malgré tout, l’Etat fédéral reste souverain et les lois fédérales priment sur les lois des Etats.

     C. Le texte de la Constitution

Les articles

    Les amendements

    Un amendement doit être proposé à la majorité des deux tiers par les deux chambres du Congrès, et ratifié par les trois quarts des Etats américains.

    Aujourd’hui, la Constitution est toujours aussi présente dans le coeur et l’esprit des Américains ;

    plus de deux siècles après, le génie des Pères Fondateurs apparaît tout aussi manifeste. Certes la Constitution n’était pas parfaite à l’origine, admettant l’esclavage, faisant fi des Indiens, ne considérant pas les femmes comme des citoyennes à part entière dans un pays où seul 10% de la population pouvait voter. Mais grâce aux amendements, ce document exceptionnel possède un pouvoir d’adaptation unique : la petite République fédérale créée à Philadelphie en 1787 a pu

    quintupler son territoire, augmenter presque au centuple sa population, multiplier par quatre le nombre de ses Etats, s’accommoder d’une guerre civile meurtrière ainsi que de multiples conflits extérieurs tout en continuant à se référer à ce document bicentenaire, modèle d’équilibre et de souplesse institutionnelle. Ce qui ne laisse pas d’étonner les Européens que nous sommes.

2. Le pouvoir législatif : le Congrès

    Le Congrès représente le pouvoir législatif, celui qui élabore et vote les lois. Il se subdivise en deux chambres, la chambre des Représentants et le Sénat, élues au suffrage universel. Il siège à Washington, au Capitole, qui se trouve sur une colline, d’où les surnoms de Capitol Hill ou The Hill qui lui sont parfois donnés.

A. La chambre des représentants

    Elle comprend 435 membres, chaque Etat envoyant au Congrès un nombre de Représentants proportionnel à sa population (un représentant en moyenne pour 570 000 habitants, 30 000 à l’époque de la Constitution). Les Etats les plus peuplés ont donc plus de Représentants que ceux à faible densité, mais chaque Etat a au moins un Représentant. Tous les dix ans, un recensement a lieu pour évaluer les changements intervenus et redécouper les congressial districts, ou circonscriptions, en fonction des mouvements de population. Ce recensement est très attendu et souvent controversé, étant donné de son impact politique, compte tenu aussi de la proportion importante de clandestins dans certains Etats. Ainsi, entre 1980 et 1990, l’Etat de New York, par exemple, a perdu trois Représentants, là où la Californie en a gagné sept, ce qui montre une recomposition politique en faveur du Sud et de l’Ouest, autrement dit des Etats de la Sundbelt.

    Les Représentants sont élus tous les deux ans au mois de novembre, donc à la fois en même temps que le Président et à mi-mandat de celui-ci (midterm elections)

    Pour être éligible à la Chambre des Représentants, il faut être âgé d’au moins vingt-cinq ans et

    citoyen des Etats-Unis depuis au moins sept ans. Il faut, en outre, résider dans l’Etat dont on souhaite devenir Représentant. Le nombre de candidats n’est limité au niveau fédéral ni chez les

    Représentants, ni chez les Sénateurs (contrairement à ce qui se passe dans certaines législatures d’Etat, la Californie, le Colorado et l’Oklahoma ayant voté des lois en ce sens) et la réélection est courante (environ 90% chez les Représentants et près de 80% chez les Sénateurs).

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    Le Président de la chambre des représentants est le Speaker, élu par ses pairs dans le parti majoritaire. C’est l’une des personnalités politiques les plus influentes du pays.

B. Le Sénat

    Le Sénat forme la chambre haute et est composé de 100 Sénateurs, 2 par Etat, quelle que soit sa taille, ce qui rééquilibre sensiblement le pouvoir entre les Etats. Les Sénateurs sont élus pour six ans, le tiers du Sénat est renouvelable tous les deux ans. A l’origine, seule la chambre des Représentants èmeétait élue directement par le peuple. Depuis 1913 (17 amendement), c’est le cas pour les deux

    chambres.

    Pour être éligible au poste de Sénateur, il faut avoir au moins trente ans et être citoyen américain depuis au moins neuf ans. Comme pour la chambre de Représentants, il existe une clause de résidence dans l’Etat. Il n’y a pas de limite de mandat.

    Le Sénat est présidé de droit par le Vice-Président mais ce dernier ne participe que rarement aux débats et ne vote que s’il y a égalité totale. Il y a donc un Président ? pro tempore ?, mais le

    véritable pouvoir est entre les mains du Majority Floor Leader, leader du parti majoritaire (le leader du parti minoritaire prenant, quant à lui, le nom de Minority Floor Leader).

    Les élections au Congrès sont financées par des fonds privés, contrairement aux élections à la présidence, partiellement financées sur fonds publics. Le financement des élections se fait par le biais de comités d’action politique, organismes non affiliés directement à un parti mais qui

    collectent des fonds à des fins électorales. Leur rôle va en s’accroissant depuis les années 70.

    Le Majority Floor Leader de la chambre des Représentants a une très grande importance, servant d’intermédiaire avec la Maison Blanche.

    Chacun des deux partis, au sein des deux chambres, a des assistants qui portent le nom de Whip. Ils rassemblent les membres de leur parti pour les votes à caractères décisif.

    Sous Bill Clinton, le Congrès s’est fortement féminisé et diversifié, ethniquement parlant, même si

    les différentes minorités sont encore sous-représentées. Aux élections de 1994, les Républicains sont devenus majoritaires avec 53 sièges au Sénat et 230 à la chambre des Représentants. èmeLe Congrès se réunit le trois janvier de l’année qui suit les élections législatives (depuis le 20

    amendement) ; chaque Congrès comporte deux sessions, une par an, chaque session durant couramment dix mois).

C. Le vote des lois

Le premier rôle du Congrès est d’établir et de voter les lois

    L’établissement d’un projet ou d’une proposition de loi se fait d’abord par le biais de commissions, qui peuvent être permanentes (standing committee) ou provisoires, particulières à l’une ou l’autre chambre ou commune aux deux (joint committee). Ces commissions n’existaient pas à l’époque de

    la Constitution, elles se sont formées petit à petit. Il y en a près de quarante aujourd’hui auxquelles il faut ajouter environ 230 sous-commissions. Républicains et Démocrates y ont des sièges au prorata de leur représentation au Congrès. Ces commissions se spécialisent dans telle ou telle branche, comme la défense, les affaires étrangères, le commerce, le budget, etc. Parmi les plus importantes à la chambre des Représentants, citons la commission des moyens budgétaires, la commission d’imputation de crédits, la commission du règlement chargée de la procédure.

    Tout projet ou proposition de loi, qu’il provienne de l’initiative d’un membre du Congrès, du Président ou de toute autre source, comme un groupe de pression ou lobby par exemple, doit d’abord obtenir l’approbation d’une commission avant d’être officiellement déposé à la chambre des Représentants et au Sénat. Seules les lois de finances relèvent en priorité de l’initiative de la chambre des Représentants.

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    Un fois que le projet de loi a franchi la barrière des commissions au cours de séances que l’on nomme hearings, souvent au prix de nombreux ajouts et amendements, il est soumis d’abord au vote de la chambre des Représentants, où une majorité simple (50%) est requise. Le même processus se répète au Sénat, commissions, discussion, vote.

    Enfin, le projet arrive sur le bureau du Président qui peut, soit le signer transformant ainsi le projet en loi, soit y apposer son veto et le renvoyer devant le Congrès dans les dix jours. Pour renverser ce veto, le Congrès après un nouveau vote, doit obtenir une majorité des 2/3 dans chacune des deux chambres. En pratique, le veto est rarement renversé (moins de 5% des cas). Il existe également ce que l’on appelle le pocket veto ou veto implicite : si le Congrès clôt sa session pendant le délai de dix jours octroyé au Président sans que celui-ci lui ait renvoyé le projet (comme s’il l’avait mis

    ? dans sa poche ?), la loi n’est pas promulguée et tout le processus doit être recommencé.

    On voit donc que les deux pouvoirs, législatif et exécutif, s’équilibrent pour ce qui est de l’élaboration des lois. Trois cents à quatre cents projets de loi sont discutés chaque année au Congrès.

D. Les autres rôles du Congrès

Parmi ses autres attributions, selon la Constitution, le Congrès :

    - établit et prélève les impôts ;

    - régule le commerce intérieur et extérieur ;

    - bat monnaie ;

    - crée ou abolit les cours de justice fédérales ainsi que les départements ministériels et les

    agences fédérales, vote leurs budgets ;

    - déclare la guerre, lève et entretient des armées, crée la marine ;

    - peut destituer tout membre de l’exécutif ou du judiciaire grâce au processus d’impeachment

    dans le cas de trahison, corruption ou tout autre crime ou délit majeur. La chambre des

    Représentants vote alors un bill of impeachment et si le Sénat approuve à la majorité des 2/3,

    l’inculpé est démis de ses fonctions. Depuis les origines de la République, l’impeachment a

    rarement été appliqué : 14 personnes ont été inculpées, 13 ont été jugées par le Sénat, 5

    seulement (tous des juges) ont été destitués. En 1974, en pleine affaire du Watergate, le

    Président Nixon donna sa démission pour éviter l’aboutissement de cette procédure.

    En outre, le Sénat, seul, a des attributions particulières qui sont :

    - de ratifier les traités (majorité des 2/3) ;

    - d’approuver ou de désapprouver les nominations présidentielles aux postes exécutifs ou

    judiciaires.

    On voit ainsi que le Congrès joue le rôle de chien de garde de l’exécutif et du judiciaire, surveillant

    de près leur fonctionnement. C’est le système de poids et contrepoids prévu par la Constitution. Toutefois, le Congrès a perdu au fil des ans beaucoup de ses prérogatives au profit d’un pouvoir présidentiel de plus en plus fort, notamment en matière de décision militaire. En théorie, c’est le

    Congrès qui, seul, détient le pouvoir de déclarer la guerre. En pratique, les Présidents américains ont envoyé des forces armées à l’étranger plus de 200 fois, le Congrès ne déclarant la guerre que dans 5 de ces cas. Ainsi, l’engagement américain en Corée et au Vietnam s’est fait sans l’assentiment du Congrès, mis devant le fait accompli. C’est l’un des points litigieux entre les deux pouvoirs.

E. Les imperfections du système

    Le Congrès n’a pas toujours bonne presse dans l’opinion américaine, parfois à juste titre. Ses politiciens sont parfois soupçonnés de faire prévaloir les intérêts de leur circonscription sur l’intérêt national.

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    Le mandat des Représentants est de courte durée (deux ans) ce qui nuit à toute vision à long terme et explique qu’ils cherchent avant tout à rester populaires dans leur propre Etat afin de se faire réélire (dans environ 90% des cas). D’où le vote de crédits parfois injustifiés pour des programmes dont la portées est tout à fait locale ; ce qui est rendu possible par le fait que certains membres du Congrès soutiennent les mesures qui profitent aux électeurs des autres, ces derniers faisant fort de leur renvoyer l’ascenseur. Lorsqu’un tel échange de bons procédés se produit, on parle de lob-

    rolling ou de pork-barrel politics.

    Le Congrès est aussi jugé coupable d’inertie et de lourdeur administrative. Avec ses multiples commissions et sous-commissions, il est en effet devenu un véritable Etat dans l’Etat avec près de 40 000 personnes. Devant l’accroissement général des tâches administratives, il a moins bien su que la Présidence et la Cour suprême se réformer et gérer cette situation nouvelle ; il croule sous un nombre sans cesse croissant de propositions de loi et est plus handicapé qu’aidé par une

    bureaucratie tentaculaire.

    Est aussi fortement critiqué le système d’ancienneté selon lequel, par accord tacite, sont nommés présidents de commission les parlementaires ayant siégé le plus longtemps sans interruption, ce qui favorise les plus conservateurs d’entre eux. Pour beaucoup, cette règle est considérée comme une entrave aux principes démocratiques. Elle connaît quelque assouplissement aujourd’hui.

    Autre point controversé, la pratique sénatoriale du flibustering qui consiste à bloquer le temps de parole en parlant sans s’arrêter le plus longtemps possible ; c’est un moyen, pour un Sénateur ou un

    groupe de Sénateurs, de faire obstruction à un projet de loi. Un débat ne peut être clos que lorsque tous ceux ayant leur mot à dire ont pris parole. C’est pourquoi le processus peut rester bloqué

    longtemps. Cette pratique est interdite à la chambre des Représentants.

3. Le pouvoir exécutif : le Président et le Vice-président

Conformément à l’article 2 de la Constitution, le pouvoir exécutif est confié à un Président et à un èmeVice-président nommés pour quatre ans, leur mandat étant renouvelable une seule fois. Le 22

    amendement adopté en 1951 introduisit formellement cette recommandation dans la Constitution, après la présidence de Franklin D. Roosevelt, qui a rempli trois mandats.

    Pour être éligible, il faut être né citoyen des Etats-Unis, âgé d’au moins trente-cinq ans et avoir

    résidé au moins quatorze ans dans le pays. Le Président n’est pas responsable devant le Congrès, ce qui lui garanti une grande indépendance, et inversement n’a pas le pouvoir de dissoudre ce dernier. Le régime américain est un régime présidentiel. Le président est à la fois le chef de l’Etat, le chef de l’exécutif (celui qui exécute les lois) et le chef de son parti. Il réside à la Maison Blanche, à

    Washington.

A. L’élection à la présidence

    Les élections présidentielles américaines sont d’une extrême complexité et se déroulent en trois étapes.

; Le choix des délégués

    Le choix des délégués a lieu au cours d’élections appelées ? primaires ? : celles-ci peuvent prendre

    la forme de caucus où seuls les dirigeants des partis politiques interviennent, ou la forme de conventions d’Etats. Un premier tri est effectué par les partis entre les différents candidats possibles. Les partis font alors soit appel aux électeurs de chaque Etat (primaires ouvertes) ou uniquement à ceux qui sont affiliés au parti (primaires fermées).

    A ce stade, les candidats cherchent avant tout à se distinguer de leurs concurrents, membres du même parti qu’eux, et les polémiques sont pour l’essentiel internes. La plupart des Etats organisent deux primaires, l’une démocrate, l’autre républicaine. Les électeurs choisissent les délégués qui

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représenteront tel ou tel candidat aux conventions nationales. Les primaires ont lieu aujourd’hui

    dans plus de trente Etats, et s’échelonnent de février à juin. La première a lieu traditionnellement dans l’Etat du New Hampshire, en février. Depuis 1988, la plupart des Etats du Sud choisissent de tenir leur primaire le même jour, maintenant connu sous le nom de Super Tuesday.

; Le choix des candidats

    Les deux partis, Républicain et Démocrate, tiennent chacun une convention nationale qui a lieu au cours de l’été. Les délégués de chaque parti désignent officiellement leur candidat avec son co-

    listier pour le poste de vice-président ; c’est ce que l’on appelle le ? ticket ? présidentiel (le futur

    président et son vice-président ne pourront être élus séparément). Le candidat obtient ainsi officiellement l’investiture de son parti.

; Le choix du président

    o Le vote populaire

    Il a lieu le mardi suivant le premier lundi du mois de novembre. Les américains n’élisent en fait pas directement leur Président mais une liste de grands électeurs parmi les listes proposées dans chaque Etat. C’est le Electoral College (on parle aussi de Electoral Vote). Le suffrage est donc bien universel, mais indirect. Il y a autant de grands électeurs présidentiels qu’il y a de Sénateurs et de Représentants, plus trois pour le District de Columbia, ce qui porte leur nombre à 538, partagés entre les Etats au prorata de leur population. Pour être élu, il faut avoir une majorité de voix, soit 270. Il est bien sûr plus intéressant pour un candidat à la présidence ? d’emporter ? les Etats les plus

    peuplés, donc à plus forte proportion de grands électeurs, d’où l’attention particulière portée à la Californie (qui a 54 grands électeurs), au Texas (32 grands électeurs), à New York et au Michigan. C’est le principe du ? tout ou rien ?, du winner takes all qui prédomine.

    o Le vote des grands électeurs

    Le lundi suivant le deuxième mercredi de décembre, les grands électeurs choisissent officiellement le futur président et son vice-président, ce qui n’et en fait qu’une formalité, leurs noms étant connus dès l’élection de novembre. Le président prend ses fonctions le 20 janvier de l’année suivante après avoir prêté serment sur la Bible de défendre la Constitution et de remplir ses fonctions avec loyauté. Entre les mois de novembre et janvier, il prend le nom de President-elect.

    La particularité de ce système électoral, en dehors de son extrême complexité, est qu’il n’est pas toujours représentatif de l’opinion publique ; ainsi, dans un Etat donné, le candidat qui obtient une

    majorité simple de voix populaires, même une majorité très faible, emporte l’ensemble des voix

    électorales de cet Etat. Ronald Reagan se trouva ainsi élu en 1980 avec 91% des voix électorales mais seulement 51% des suffrages exprimés. Aux élections de 1992, Clinton a remporté 370 voix (32 Etats) soit 43% des suffrages, contre Bush qui a remporté 168 voix de grands électeurs (18 Etats) soit 38% des suffrages. Ross Perot qui avait obtenu 19% du vote populaire n’a remporté aucune voix de grand électeur donc aucun Etat.

    Enfin, eu égard à la multiplicité des élections dans ce pays, le taux d’absentéisme est l’un des plus

    élevés au monde, le pourcentage de votants tournant à peine autour de 50% pour une élection présidentielle.

    Les coûts sont très élevés, supportés en partie par des fonds fédéraux, par la fortune personnelle du candidat, par des dons et des contributions. En 1998, la campagne présidentielle a coûté 500 millions de dollars.

B. Le Vice-président

    Le Vice-président est choisi comme co-listier par le Président pendant la campagne présidentielle. Ses attributions sont les suivantes :

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    - il est le Président d’honneur du Sénat

    - il représente le Président et peut même, depuis 1945, prendre sa place, soit définitivement en

    cas de décès, de destitution ou de démission, soit provisoirement en cas de maladie ou

    d’incapacité quelconque. Le speaker, c’est-à-dire le Président de la chambre des

    représentants, vient après lui dans l’ordre de succession à la présidence.

4. Le pouvoir judiciaire : la Cour Suprême

Fondée par l’article 3 de la Constitution, la Cour Suprême est la plus haute instance juridique du

    pays. Elle est composée de neuf juges nommés à vie par le Président, avec consentement du Sénat. Ceux-ci portent le nom de Associate Justices et le Président celui de Chief Justice. Ils sont inamovibles sauf en cas d’impeachment. La Cour est un tribunal qui prend ses décisions à la

    majorité. Elle cumule les prérogatives réparties en France entre le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat et jouit d’un prestige inégalé.

La Cour Suprême se prononce su la constitutionnalité des lois ; c’est son rôle de Judicial Review.

    En pratique, elle n’abuse pas de cette disposition puisque seules environ 135 lois fédérales sur près de 40 000 adoptées par le Congrès ont été déclarées inconstitutionnel. En vertu du rôle politique considérable qu’elle joue, on a pu parler de ? gouvernement des juges ?.

    La Cour Suprême peut se prononcer en première instance, uniquement dans les différends entre Etats, entre l’Etat fédéral et un Etat, entre un Etat et un citoyen d’un Etat différend, ainsi que dans toutes les affaires mettant en cause un ambassadeur, un ministre ou un consul. Tous les procès fédéraux, sauf les plus exceptionnels, sont jugés en première instance par 93 District Courts, et en appel par 13 Circuit Courts of Appeal qui délestent la Cour Suprême.

    La Cour Suprême est la Cour d’appel de dernière instance ; elle reste essentiellement un tribunal

    d’appel qui doit être saisi par une juridiction inférieure. Elle a le choix de son ordre du jour et examine environ deux cent affaires par ans sur les quelques milliers qui lui sont soumises. Jusqu’au èmemilieu du 20 siècle, la Cour Suprême s’est surtout illustrée par son conservatisme interprétant les lois de façon très stricte. Elle s’est ainsi opposée dans les années trente à la plupart des réformes du New Deal. Après 1945, cette approche s’est assouplie et la Cour admet maintenant le droit du

    gouvernement à intervenir dans la vie économique.

5. Les partis politiques

    A. Le parti Démocrate

    Le parti Démocrate est le plus ancien des deux partis. Il est issu du parti Démocrate-Républicain fondé par Jefferson en 1801 qui défendait les droits des Etats contre les fédéralistes, partisans, eux, d’un pouvoir central fort. Il prend son nom actuel en 1829, sous la présidence de Jackson. Traditionnellement bien implanté dans le Sud, il a pratiquement toujours dominé le Congrès. Il représente d’avantage la classe ouvrière, les syndicats, et les couches inférieures de la classe moyenne et est souvent qualifié de parti des minorités. èmePlus progressiste que le parti Républicain, le parti Démocrate se caractérisera au 20 siècle par de

    grands projets permettant des avancées dans le domaine social : sous Franklin D. Roosevelt, le New Deal, qui remet le pays sur pied après la crise de 1929 grâce à un programme de grands travaux fédéraux, de soutien à l’agriculture et d’aide à l’industrie ; sous Kennedy et Johnson, la New

    Frontier et la Great Society, grands projets visant à faire reculer la pauvreté, améliorer le système éducatif et la protection sociale, lutter contre le chômage et l’exclusion raciale.

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B. Le parti Républicain

    Le parti Républicain fut créé sous sa forme nouvelle en 1854, et se veut le défenseur de l’Etat national contre les intérêts et droits des Etats. Il est l’héritier direct du Parti fédéraliste fondé par George Washington et John Adams à la présidence ; Son surnom est celui de Grand Old Party (GOP) de par sa réputation de patriotisme et d’humanisme. Abraham Lincoln fut le premier Président du Parti Républicain entre 1861 et 1865.

    Son électorat est surtout composé des classes moyennes supérieures (upper middle class) et des milieux d’affaires. Le parti Républicain est bien implanté dans le Middle West et la Nouvelle Angleterre.

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2. L’immigration

Nation d’immigrants, les Etats-Unis se sont constitués par vagues successives d’arrivants,

    originaires d’abord d’Europe, puis aujourd’hui d’Amérique centrale, latine et d’Asie, venus tenter leur chance et trouver une vie meilleure. Erigée à l’entrée du port de New York, la statue de la Liberté est le symbole de ce cette quête. èmeQuasiment sans entraves au 19 siècle, l’immigration devient restrictive après la Première Guerre

    Mondiale avec l’établissement de quotas dans les années 20, et le demeure encore aujourd’hui.

    De nos jours, les immigrants n’ont plus grand-chose à voir avec ceux d’hier, puisque près de 90%

    de l’immigration provient du tiers monde.

    En outre les Etats-Unis drainent environ la moitié de l’immigration mondiale, immigration qui a explosé dans les années 80.

    Les plus forts contingents sont issus du Mexique, des Caraïbes et des Philippines. L’Europe ne représente plus que 7,3% des nouveaux arrivants.

1. une immigration par vagues successives

     èmeLa première vague importante se situe dans la première moitié du 19 siècle. A cette époque, de

    nombreux Européens, essentiellement originaires des Iles Britanniques, des pays scandinaves et d’Allemagne émigrent aux Etats-Unis. De langue et de culture proche, de religion protestante

    (hormis les Irlandais), ces nouveaux arrivants s’intègrent relativement bien. Les raisons de leur immigration sont essentiellement économiques (famine de la pomme de terre dès 1845 conduira 1 million d’Irlandais sur le chemin de l’exil).

La deuxième grande vague d’immigration qui balaye le pays à partir de 1865-1870 est très

    différente : les nouveaux arrivants, fuyant les guerres ou la misère du Vieux Continent, sont beaucoup plus hétérogènes, essentiellement originaires d’Europe centrale, orientale et méridionale, et fort différents en termes de culture, de langue et de religion (catholique, orthodoxe ou juive). Entre 1870 et 1920, 20 millions d’Européens partent ainsi chercher asile aux Etats-Unis. L’année

    record se situe en 1907 avec plus d’un million trois cent mille arrivants. Au tournant du siècle, cette immigration remplace pour les quatre cinquièmes l’immigration en provenance des pays anglo-

    saxons.

Devant ce défilement, l’Amérique est partagée : biens accueillis par de nombreux industriels en mal

    de main d’œuvre bon marché et docile, ces nouveaux venus - souvent sans ressources, ne parlant

    pas l’anglais, souvent illettrés et sous-qualifiés et s’entassant dans les ghettos des grandes villes du nord-est - inquiètent l’Américain de souche plus ancienne. Un sentiment xénophobe se fait jour dans l’opinion, sentiment qu’amplifient les ? nativistes ?, nationalistes qui dénoncent les méfaits de

    l’immigration nouvelle.

    Recherchés par une Amérique en plein essor industriel, les nouveaux venus font peur par leur nombre et sont fréquemment accusés de concurrence déloyale sur le marché du travail. Leur assimilation difficile est perçue comme la réticence à s’intégrer. Malgré tout, ils parviendront en

    une ou deux générations à devenir de ? vrai ? Américains.

    Depuis 1965, la provenance des immigrants s’est inversée, puisque l’immigration européenne quasi exclusive au début du siècle s’est réduite comme peau de chagrin et représente moins de 10%

    aujourd’hui.

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