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LES COQS DE COMBAT DANS LE NORD

By Lester Taylor,2014-12-13 12:39
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LES COQS DE COMBAT DANS LE NORD

Hayad Daouadji Master 2 Droit Public de l’Entreprise

    LES COQS DE COMBAT DANS LE NORD

Introduction

     Le combat de coqs est aussi vieux que la domestication du coq sauvage. Le coq sauvage ? Gallus Gallus ? aurait été domestiqué en Asie pour ses qualités belliqueuse. Cela date de la sédentarisation des premiers agriculteurs dans ces régions.

     D’Asie, la pratique s’est répandue en Europe grâce aux Grecs, Romains et autres phéniciens. Il eut beaucoup de succès en Grande Bretagne, Irlande, Espagne, dans les Flandres (française et belge). La Grande Bretagne l’importa aux Etats-Unis.

     Le combat de coqs est une pratique autrefois assez répandue dans le Nord de la France ou à la Réunion, en Polynésie française. Cela consiste à mettre deux coqs dans une sorte de ring circulaire au centre d’une salle ou dans les Flandres appelée Gallodrome.

    Suivant leur instinct, les deux coqs se battent, des paris étant faits tout le long du match.

     Dans un espace plus grand, les coqs qui ne sont pas des coqs de combat (donc des coqs de basse cour) fuiraient dès qu’une blessure importante leur est infligée par leur

    adversaire. Mais dans le ring, les coqs de combat issue de la sélection génétique rigoureuse se battent longtemps, même en cas de blessure grave, voir jusqu’à la mort.

     La taille des coqs et les styles de combat sont infiniment variés en fonction notamment de la taille de l’arène : propice au corps à corps ou à un combat en escarmouche. POURQUOI UNE TRADITION EN FLANDRES ?

    L’histoire nous révèle que depuis bien longtemps ce loisir se pratiquait dans nos provinces, de nombreux peintres flamands ont immortalisé ces scènes de combat de coqs et montre la popularité de ces joutes.

    Sous la Tutelle de M. Ludovic Servant, enseignant à l'université de Lille II 1

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    Le goût pour la fête collective et l’intense vie communautaire ont contribué à maintenir bien des traditions dont les combats de coqs.

    En Flandres (française et belge) une originalité qui est celle du mélange des classes sociales, ouvriers, artisans... Se retrouvent ensemble pour pratiquer leurs sports favoris. Aujourd’hui les coqueleurs (ou coqueleux, c’est le nom donné aux éleveurs de coqs) sont agriculteurs,

    ouvriers, artisans ou commerçants mêlés de cadres et autres professions libérales et se

    1retrouvent en semaine (souvent le jeudi et le week-end) dans l’un des 24 gallodromes des

    Flandres.

    Dans cet exposé nous verrons pourquoi les combats de coqs en métropole ont perduré uniquement dans les Flandres. Puis nous verrons les caractéristiques techniques, sociologiques du monde des coqueleux. Pour finir nous étudierons (étant donné le thème de cette matière) les risques sanitaires liés à cette pratique.

I-Combats de coqs: entre réglementation nationale et

    particularisme local.

    A- Passage d’une législation stricte à une acceptation des coutumes locales

    Loi Grammont 1850

    Elle incriminait les mauvais traitements envers les animaux domestiques dans le but de protection de la moralité publique offensée par un spectacle blessant. Cette loi punissait de peines de simple police (amende et emprisonnement) ceux qui auront exercé publiquement et abusivement de mauvais traitement envers les animaux domestiques.

    En clair, cette loi interdisait les combats de coqs sur l’intégralité du sol français. De fait, les combats n’étaient plus guère pratiqués clandestinement qu’en Flandres pendant plus d’un

     1 Lieux d’implantation des gallodromes : Auchel, Aire sur La Lys, Averdoingt, Camphin en Pevele,

    Camblain l’Abbé, Cuinchy Flines, Fromelles, Hantay Habarcq, Hautes Avesnes, Herseaux, L’Abeele, Lillers, Mouchin, Mt en Bruyère, Mt en Peruwelz France, Raimbeaucourt, Risquons-Tout, Ste Marie Kerque, St Martin au Laert, Tincques, Tourmignies et le Vieux-Condé.

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    siècle. Cependant, il ne faut pas nier que cette pratique s’est maintenue sous l’œil bienveillant de la justice locale.

Loi Du 19 novembre 1963

    Elle durcit l’interdiction des combats et crée un nouveau délit prévu par un ancien article du

    1 qui punissait de peines correctionnelles les actes de cruauté commis envers les code pénal

    animaux.

    Cette loi provoqua une grande mobilisation des nordistes. D’ailleurs ce qui prouvait le large éventail d’amateurs à l’époque est que, par solidarité, 100 000 personnes de la région

    prirent symboliquement une carte d’adhérent à la fédération des coqueleurs. Le Général de

    Gaulle lui-même nordiste aurait dit ? Puisque l’on mange des coqs, il faut bien qu’ils

    meurent d’une façon ou d’une autre ?.

    Loi du 8 juillet 1964 : dérogation à l’interdiction

    Cette loi rend les précédentes inapplicables aux combats de coqs mais uniquement dans les

    2localités où la tradition ininterrompue pouvait être établie. En clair les combats de coqs

    étaient dorénavant uniquement tolérés dans le Nord car c’était la seule région à avoir continué cette pratique durant l’interdiction.

    On peut noter que cette loi n’autorise pas que les combats de coqs, la dérogation de l’interdiction est également valable pour les courses de taureaux.

    Que faut-il entendre par tradition locale ininterrompue ? Il faut avouer que cette question s’est vraiment poser pour les courses de taureaux. Le juge a définit ces expressions :

    3 Locale signifiait qu’il s’agissait d’une région où la tradition pouvait être invoquée. Les courses organisées dans toutes les localités se trouvant dans la région bénéficiaient de l’immunité ;

     1 Article 453 du Code Pénal, toujours en vigueur. 2 Aujourd’hui codifié à l’article R 3812 du Code Pénal 3 Arrêt de la CAA de Bordeaux 29 octobre 1969

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    1Tradition ininterrompue est en fait une disposition très large. Les courses ou combats peuvent être étalés sur plusieurs années.

    L’autre point essentiel c’est que la loi interdit toute création de nouveau gallodrome. Ne

    sont autorisés que ceux qui existaient clandestinement. Aujourd’hui c’est la principale menace de disparition de ces gallodromes.

    B- Codification des combats en Flandres. Instauration de véritables rites.

     A titre préliminaire, on peut avancer quelques chiffres. Sur un bandeau de terre de 100 km de long et 50 km de large que représente le département du Nord, la Fédération compte 5000 coqueleux. Nous sommes bien loin d’une tradition ? folklorique ? maintenue

    par quelques personnes mais bien devant un monde regroupant des passionnés et encadré par une Fédération.

    Le lieu : les combats se déroulent (normalement) dans des gallodromes (? gallus ? veut dire coq et de ? drome ? signifie emplacement pour courir). Ce sont des petits rings de

    deux à trois mètres de coté entourés d’un grillage ainsi que quelques tribunes qui accueillent les spectateurs. Le terme gallodrome est spécifique à notre région, le ring aux Antilles est appelé ? pitt ?, à la Réunion on dénomme ce lieu ? le Rond ?.

    Les gallodromes sont des salles contigües à un café, cela pose d’ailleurs de gros problèmes en cas de non reprise par un successeur. (cf. loi de 1964 supra).

    En ce qui concerne l’organisation des combats, on note une grande importance de la

    Fédération des Coqueleurs du Nord de la France (FCNF). C’est cette organisation qui

    réglemente précisément les combats (des différentes catégories de combat, la durée de chaque combat...) ; elle gère les arbitres, ces derniers peuvent distribuer des sanctions aux contrevenants (notamment s’ils voient que le coq a été maltraité !).

    La FNCF communique principalement avec ses adhérents au travers un journal mensuel le

    coq gaulois. Administrée par des passionnés, la FCNF est très respectée et ses conseils et directives sont suivis par chacun.

     1 Arrêt du Conseil d’Etat 4 novembre 1959

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    Le seul élément à la charge de l’exploitant du café (donc du gallodrome) est la présence d’un vétérinaire. En effet par arrêté de la préfecture, le propriétaire est dans l’obligation d’avoir un vétérinaire référent (obligation de fournir un certificat au service vétérinaire du département). De manière générale, un contrôle vétérinaire est fait deux fois dans la saison, par contrôle au hasard des carnets de vaccination des coqs combattants ce jour la. La préparation obéit à des rituels :

    Tout d’abord il y a un choix rigoureux du coq combattant. Dans le Nord le choix a été porté

    sur le maintien de l’originalité de la race du coq ? le grand combattant des Flandres ?, dérivé

    de la race du Bankiva. Dans le Nord les éleveurs reprouvent les croisements qui dénaturent la race traditionnelle.

    En ce qui concerne la préparation physique, la crête, les oreillons et les barbillons sont enlevés. Ils sont autant de proie facile pour les adversaires et les blessures sur ces organes saignent abondamment aveuglant le combattant. L’ergot du coq est lui aussi scié (opération

    indolore) et remplacé par un ergot artificiel. Les coqueleux vous diront que ce choix est fait pour diminuer la gravité et la douleur des blessures. En effet, un ergot artificiel droit et lisse provoque des blessures nettes qui cicatrice rapidement, l’ergot naturel courbe lui arrache les chairs.

    Ici encore la FNCF contrôle la taille strictement limité de l’ergot (ressemblant à un éperon de cinq centimètres accroché à chaque patte).

    1Cette activité est un support de paris . Contrairement à certains pays d’Asie, on ne

    peut pas réellement dire que ces combats sont un réel secteur économique.

    Les gains ne permettent pas de faire fortune. Un coqueleur verse un droit à combattre, une mise de 15 à 20 euros. Le gagnant récupère deux fois sa mise plus une somme supplémentaire versée par le propriétaire du gallodrome (par exemple pour 19? misé c’est 45? gagné). Le coqueleur paiera comme les spectateurs un droit d’entrée d’environ 3?. A cette équation il ne faut pas oublier le fait qu’un coq ne combat que deux à trois fois dans la

     1er Loi du 1 janvier 1970 réglementant les spectacles, jeux et divertissements range dans la troisième catégorie les combats de coqs.

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    saison (selon les blessures). Il faut également compter les frais annexes (par exemple la nourriture des coqs, ces derniers mois le prix du blé a été multiplié par deux.)

    Au final, et selon les propres mots de TRINEZ, président de la FCFN, un coqueleur ne vit pas de sa passion, elle prend d’ailleurs beaucoup de temps et suivant les aléas, faire perdre de l’argent. Nous allons le voir plus en détail dans la deuxième partie.

    II-Le respect du coqueleur pour son ? combattant ?.

    C’est en réalisant cet exposé que je me suis rendu compte de l’ampleur du phénomène, du temps que ces passionnés consacrent à leurs bêtes et que, bien loin d’un certain ? folklore régional ? la réelle intimité qu’il existe entre un coq et son coqueleur.

    A- Le coqueleur est un éleveur

    On aurait tendance à l’oublier mais les coqueleurs sont avant tout des éleveurs. Le combat de coq n’est que la fin d’un long processus, en effet un coq ne combat qu’après 12 mois d’élevage. Cela inclut un grand nombre de sacrifice pour le coqueleur.

    Tout d’abord, il doit vivre à la campagne, un coq de combat a besoin de verdure et d’espace pour grandir, la terre battue lui est déconseillé car propice à la diffusion de maladies. Il y a également un suivi des œufs. Dès la ponte l’œuf est retiré à la poule issue de la race des combattants (qui par essence n’a pas l’esprit maternel et pourrait endommager l’œuf) pour ensuite être confié à une poule domestique jusqu’à l’éclosion.

    Lorsque le poussin est né, il n’est pas rare de le laisser intégrer la sphère familiale (le laisse aller et venir entre la maison, près du radiateur et l’extérieur.) Il grandit avec les autres animaux de la basse cour.

    Ce n’est que vers l’âge de 6 mois que sa véritable nature belliqueuse prend le dessus, pour

    protéger les autres animaux le coq subit une solitude forcée (volière individuelle). C’est à cet Sous la Tutelle de M. Ludovic Servant, enseignant à l'université de Lille II 6

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    âge et jusqu’à la mort du coq qu’il ne sortira de sa volière que pour s’entrainer (avec des ergots en plastique), suivre un régime alimentaire (dont chaque coqueleur à sa ? touche secrète ?) et combattre. C’est également à cet âge ci que le coq sera totalement pris en charge par son coqueleur.

    Les soins apportés aux coqs sont également une charge financière importante. Considérant leurs coqs comme des animaux de concours (issus de la sélection génétique) les coqueleurs vaccinent systématiquement leurs bêtes. Les carnets de vaccins sont le plus souvent complets : certificat sur l’honneur, ordonnance du médecin et certificat du numéro de vaccin. Les vaccins sont administrés de manière préventive par exemple : maladie de New

    1Castle.

    De même, lorsque le niveau d’alerte de grippe aviaire passe du niveau de risque nul au risque modéré les coqueleurs sont dans l’obligation de faire passer un vétérinaire (a leur

    charge) une fois par mois. Ce dernier vérifie la protection du mangeoire des fientes que pourraient laisser les animaux sauvages, les abreuvoirs… Et ce pendant toute la durée de l’alerte grippe aviaire (cf. seconde partie du II B).

    Un coqueleur peut connaitre des poursuites judiciaires. L’élevage de coqs de combat est considéré par la loi comme un élevage amateur et non professionnel. Mise à part une déclaration en mairie, aucune réelle règlementation n’encadre l’élevage au delà d’une volière de 150 coqs. On peut imaginer qu’un coqueleur possédant une centaine de coqs, même en campagne, peut gêner le voisinage.

    Dans ce cas le principe d’antériorité s’applique et donne raison, de manière systématique, au coqueleur.il Suffit que le coqueleur prouve qu’il s’est installé avant le voisin qui a porté

    plainte, ce dernier, s’étant installer le second la fait en connaissant l’activité de son voisin et ne peut donc s’en plaindre ou réclamer des dommages et intérêt pour la nuisance occasionnée. Le principe équivaut pour tout autre élevage professionnel (élevage de chiens) ou non.

     1 Virus voisin du H5N1 qui s’est déclaré récemment en Grande-Bretagne. Un arrêté ministériel a

    ordonné le vaccin de toutes les volailles, depuis des années les coqs de combat sont vaccinés Sous la Tutelle de M. Ludovic Servant, enseignant à l'université de Lille II 7

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    Lorsque le coqueleur s’est installé après son voisin et que ce dernier se plaint (du bruit essentiellement), une tractation est mise en place, le coqueleur étant souvent soutenu par la

    1Fédération qui mène les négociations. Une solution amiable est dans 95% des cas trouvée

    (par un déplacement des volières à l’autre bout de la propriété par exemple).

    Dans le cas où l’affaire serait portée en contentieux, le plaignant devrait avancer les frais de

    déplacement de l’expert judiciaire pour évaluer la nuisance sonore. Cette dépense peut être prise en charge par une assurance multirisque, mais elle reste excessivement chère. C’est ce cout financier à la charge du plaignant qui fait renoncer ce dernier à continuer les poursuites. A ce jour aucune décision du juge n’a été rendue sur ce sujet.

    B le cas de la grippe aviaire

    Il existe plusieurs souches du virus H5N1 qui sont plus ou moins virulentes. La grippe aviaire est un virus pathogène qui existe depuis bien longtemps. La transmission du virus se fait par contact d’oiseaux sains avec des fientes d’un oiseau contaminé. Le virus est principalement véhiculé par des oiseaux migrateurs qui le répandent sur leur passage. Le gouvernement a prit de nombreuses mesures de précaution vis-à-vis de ce virus, pour les volailles cela se résume pourtant à un mot : confinement.

    Concrètement les mesures imposées aux coqueleux étaient les suivantes :

    Si un coqueleux possédait des coqs mais uniquement en intérieur (possible quand jeunes poussins) aucune mesure ne s’imposait car les coqs n’étaient pas en relation avec des animaux sauvages portant le virus.

    Si un coqueleux possédait des oiseaux en extérieur dans une volière qui comportait un toit empêchant la pénétration de la fiente, la volière était confinée. Le coqueleux était tenu, à ce

    2stade, de déclarer obligatoirement son élevage en mairie.

     1 Selon Trinez, président de la CFCN ; 2 En annexe 1 se trouve une copie des déclarations faites en mairie. Les exemplaires étaient fournis par le ministère de l’agriculture aux communes visées puis distribuées dans chaque boîte a lettre.

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    Lorsque une volière était à l’extérieur avec un toit en grillage laissant pénétrer les fientes des oiseaux, l’éleveur était obligé de couvrir la volière d’une bâche ou de plaques translucides. Une déclaration en mairie était obligatoire.

    Les conséquences de cette précaution sanitaire furent, pour les coqueleurs, de deux ordres : Sur les cafés gallodromes, beaucoup ont risqué la faillite. Les gérants de ces établissements y réalisent la majorité de leur chiffre d’affaire. Beaucoup ont été proches du dépôt de bilan (Le gallodrome de Douai a fermé à cette époque).

     De plus, de par la loi de 1964, une fois qu’un gallodrome ferme, il ne peut en aucun cas

    rouvrir.

    Le ? combattant du Nord ? menacé. Cette race de coq est programmé pour ce battre. Après

    six mois de liberté le coq est confiné en volière individuelle. Vers l’âge d’un an, la bête atteint sa ? plénitude athlétique ? : le coq doit impérativement se battre, né pour le duel, s’il reste enfermé il est condamné.

    En effet, durant la période de confinement des milliers de coqs sont morts d’embolie ou de coup de sang (sans compter ceux tués des propres mains des coqueleux qui faute de pouvoir les nourrir ont décidé de les tuer plutôt que de les voir mourir de faim.) Dans l’espoir d’une dérogation à la mesure sanitaire, une délégation de la Fédération Française d’Aviculture (SCAF) regroupant d’autres fédérations (l’association nationale des

    fauconniers, élevage des oiseaux d’ornement, les colombophiles, la CFCN) s’est entretenue au ministère de l’agriculture.

    1Suite à cette négociation, un arrêté préfectoral fut édicté mais uniquement pour les coqs de

    combats et la colombophilie. Considérant les modalités d’élevage des coqs de combats, de la Direction Générale de l’Alimentation à décidé de les assimiler à des espèces élevées en

    volière, et donc d’autoriser, à titre de dérogation […] les combats de coqs dans le Nord Pas de Calais.

     L’attribution de cette dérogation, un an et demi après l’obligation de confinement est ce qui a sans doute sauvé les gallodromes et les élevages de coqs. Pourtant on peut émettre

     1 Arrêté du 6 juillet 2007 , article premier.

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    un doute sur la justification de cette dérogation. Les coqs sont ici considérés comme une espèce élevée en volière, or le coq est en liberté jusqu’environ six mois et peut donc être en contact avec des animaux porteurs du virus.

     Pour conclure cet exposé, on peut affirmer que le monde des coqueleux est une grande famille mais relativement fermée. Un siècle de clandestinité, les critiques dont le loisir est encore en but incitent à un repli sur soi. Bien que la protection de ce monde semble chère aux coqueleux, la promotion de leur sport devient vital (suite à l’épisode grippe aviaire

    la CNCF déplore la perte de plus de 1000 adhérents) Les avancés sont visibles, la CNCF joue la transparence, en instaurant le bagage des coqs en 2005 (alors qu’aucune loi ne lui oblige) pour une meilleure traçabilité. Et malgré les controverses qui peuvent naître autour de cette tradition locale ininterrompue la Fédération souhaite l’inscription des combats de coqs au patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans le sillage des géants et des beffrois.

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