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OFFICE FEDERAL DES ARMES DE COMBAT

By Todd Woods,2014-12-13 12:45
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OFFICE FEDERAL DES ARMES DE COMBAT

La vraie révolution de l'infanterie l'instruction

Lt col Alain Baeriswyl

    L'origine de la tactique et de la technique de l'infanterie moderne est à rechercher dans les combats de tranchée de la Première Guerre mondiale. L'apparition du barbelé et de la mitrailleuse sonne le glas des techniques de combat basé sur l'ordre serré. Certes, des prémices peuvent êtres trouvés dans la guerre russo-japonaise de 1905, ainsi que dans la guerre des Boers de 1899, mais ce n'est que vers 1917, avec la mise au point des techniques des Stosstruppen allemandes, que l'infanterie commence une révolution en profondeur.

    Cependant, ce travail de fond ne va durer que deux générations. Si la Deuxième Guerre mondiale voit la consécration de l'infanterie légère (commandos, parachutistes, grenadiers), c'est avec la dernière grande guerre d'infanterie, la guerre de Corée, que le déclin s'amorce. Depuis les années 1950, l'infanterie légère est en voie de disparition. Preuve en soit le fait qu’il

    y a trente ou quarante ans, des missions confiées aujourd'hui aux forces spéciales l'étaient à des compagnies d'infanterie,.

    C'est que l'infanterie occidentale est tentée par deux démons. L'un est de vouloir singer les troupes blindées, avec la lente migration des véhicules de transport de troupe vers les véhicules de combat d'infanterie (le paradoxe ne fait rire personne!). Or, pour l'infanterie, le véhicule est au service du groupe, et non l'inverse. L'autre est la tentation de la haute technologie, avec la mouvance des fusils à visée déportée, de l'affichage holographique sur la visière du casque, etc.

    Certes, progrès il y a eu. Les uniformes et les chaussures modernes sont plus légers et plus confortables. Les cartouchières ont cédé la place à des brelages, voire à des vestes de combat, pour les engagements de protection. Les grenades à main sont plus sûres. L'armement antichar performant. Mais la technologie des armes légères est en phase plateau actuellement.

    L'amélioration des systèmes d'aide à la visée n'est pas forcément la panacée, comme le découvrent les fantassins américains et français dans leurs engagements les plus récents. Où se trouve donc la voie?

    Avec l’Armée XXI, l'infanterie fait un bond en avant doctrinal considérable. Outre un changement de structure et d'armement, elle revoit la manière d'instruire les techniques de base. Ces changements ne sont pas spectaculaires mais vont influencer le développement des fantassins pour une génération au moins. Les expériences les plus récentes à l'engagement démontrent que c'est la qualité de l'instruction qui fait souvent la différence, en permettant de livrer à l'engagement des troupes soudées et ayant l'habitude de travailler ensemble. Cet article vise à présenter brièvement quelques-unes des nouveautés.

Depuis une dizaine d'année, l'infanterie suisse est au top de l'instruction du tir en Occident.

    L'adoption de la Nouvelle technique de tir de combat (NTTC), et son évolution en Instruction

    du tir (IT) ont fait école, puisque les armées de Terre et de l'Air française, ainsi que les armées 1belges et luxembourgeoises en ont fait de même.

Principes d'engagements (ROE généraux)

    Face à un soldat ennemi, le port de l'uniforme suffit à identifier le combattant, et les règles d'engagements sont celles du droit de la guerre. De plus en plus, le soldat peut être confronté à de la population civile, des bandes armées, des guérillas, des neutres plus ou moins ambivalents.

     1 Pour plus d'information, consulter www.nttc.ch

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    Autrement dit, le soldat moderne est confronté à des problèmes, des menaces et de l'ennemi. Par problème, on entend généralement la population civile, au mieux favorable, normalement indifférente, au pire hostile. Par menace, on entend les groupes extrémistes, les manifestants, tous les acteurs usant de violence verbale ou physique, mais sans risque de blessures graves. Est considéré comme ennemi celui qui utilise contre la troupe ou des personnes qu'elle protège, une arme blanche, une arme à feu ou des explosifs.

    Pour systématiser la façon de travailler, faciliter l'instruction et agir avec proportionnalité, la troupe utilise les principes d'engagement suivants: Contact - Contrôle - Arrestation Combat

    (CCAC)

    En contrôle d'accès, en check point, en Principe

    patrouille d'engagement

    ?Bonjour Monsieur, est-ce que je peux vous Contact

    aider??

    ?Est-ce que vous pouvez me présenter une Contrôle

    pièce d'identité, s'il vous plaît??

    ?Halte! Écartez les bras! Demi-tour! À Arrestation

    genou! A plat ventre!? ?Halte ou je tire!?

    Engagement de l'arme Combat

    Les principes d'engagement présentent l'avantage de systématiser des réactions face à des personnes et des règles simples pour la préparation des engagements. Ainsi, un contrôle de personne peut être organisé comme suit:

    Description Principe

    d'engagement Un planton à côté d'une barrière Contact

     Une barrière fermée, deux hommes engagés Contrôle

    Toute l'équipe / groupes engagés, chemin de Arrestation

    fuite couvert. Renforcement du terrain, protection balistique, Combat armes automatiques, charges dirigées.

    Communiquer, bouger, tirer

Les comportements de base du soldat sont communiquer, bouger, tirer (CBT). Ces

    comportements de base sont applicables avec les quatre principes d'engagement. Par communication, on entend une communication tridimensionnelle: "horizontale", "latérale" et "verticale". Ce système d'instruction est utilisé pour la fixation des buts de l'individu, en travail

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    isolé comme dans le cadre de sa formation. La critique des performances, notamment, s'en trouve simplifiée.

Communication