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Alphonse DAUDET (France) (1840-1897) Issu de la bourgeoisie

By Susan Elliott,2014-08-29 08:19
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Alphonse DAUDET (France) (1840-1897) Issu de la bourgeoisie

    www.comptoirlitteraire.com

    André Durand présente

    Alphonde DAUDET

    (France)

    (1840-1897)

    Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

    qui sont résumées et commentées (surtout ‘’ Le petit Chose‟‟, „‟Les lettres de mon moulin‟‟).

    Bonne lecture !

     1

    Né à Nîmes le 13 mai 1840, il était issu de la bourgeoisie commerçante, catholique et monarchiste, de cette ville, son père étant tisserand et négociant en soieries. Bien que de santé fragile, il eut une enfance heureuse en Provence où il passa trois ans chez des paysans, découvrant et apprenant la langue provençale. La fabrique de son père périclitant dut être fermée. Ruinée, la famille s'exila à Lyon, capitale de la soierie. Il bénéficia d'une bourse qui lui permit de poursuivre ses études au lycée Ampère jusqu'en 1856. Il fut plutôt un bon élève, mais traîna comme un boulet sa condition modeste. Il dut essuyer brimades et humiliations (?Eh, vous le petit Chose...,? expression qu'il reprit pour le titre

    d‟un roman). En 1857, la faillite définitive du père entraîna la séparation des parents. Obligé de

    gagner sa vie à seize ans, il dut interrompre ses études avant le baccalauréat et occuper un poste de maître d‟étude au collège d'Alès, au fond d'une province hostile où il se fit insulter par les petits montagnards cévenoles et subit là les basses humiliations du pauvre. Cette expérience, plutôt décevante, ne dura que quelques mois. Sans avoir passé son bac, il ? monta ? à Paris en 1857 rejoindre son frère, Ernest (historien et romancier), qui le guida pour ses premiers pas dans la capitale. Totalement désargenté, il connut la vie de bohème dans de modestes chambres de bonne, se joignit à des groupes très animés qui discutaient avec fougue de politique, de littérature, du pouvoir, des femmes. Il fréquenta surtout des Provençaux, dont Gambetta. Sa dure entrée dans la vie lui fit supporter légèrement les épreuves du ?noviciat littéraire? et il publia :

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    “Les amoureuses”

    (1858)

    Recueil de poèmes

    Le poète y évoque par exemple la rencontre qu‟il fit de sa jeune cousine dans un verger en fleurs („’Les prunes’’) ou nous raconte sa passion pour une enfant désormais bien loin dans son souvenir („’Les cerisiers’’). Dans „‟Fanfaronnade‟‟, il prend une attitude apparemment sceptique et désinvolte,

    affirmant ne plus croire à rien et être désormais vieilli sur le plan sentimental jusqu‟à douter de ses amis et de ses parents. Mais, ne croyant à rien, il ne croit pas plus à tout ce qu‟il a exprimé. Le recueil

    compte aussi de fines variations sentimentales sur des êtres légendaires et des personnifications de la nature. Parmi celles-ci, on peut citer „’Le roman du chaperon rouge’’ et „’Les rossignols du

    cimetière’’, à cause de leurs dialogues subtils et empreints de mystère.

    Commentaire

Ces poèmes élégants et sentimentaux, consacrés aux galanteries et aux mignardises de l‟amour, aux

    images naïves et généreuses valurent à Daudet l‟estime des milieux littéraires et la notoriété.

    Le recueil fut réédité en 1873 avec le sous-titre „’Poèmes et fantaisies - 1857-1861’’.

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En 1859, le grand poète provençal Frédéric Mistral, qui venait de fonder „‟le Félibrige‟‟, un

    mouvement littéraire qui s'était fixé comme objectif d'enrayer le déclin de la langue provençale, vint à Paris où son œuvre, „‟Mireille‟‟, triomphait. Daudet tint à le rencontrer. Lui, qui n'était ?que Nîmois?,

    se découvrit une identité provençale, il décida de s'inspirer de cet exemple d'une conjonction heureuse entre la réussite littéraire, officialisée par le succès parisien, et l'inspiration régionaliste. Il publia :

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     2

    „‟Audiberte‟‟

    (1859)

    Nouvelle

Audiberte, ne pouvant réaliser son amour, en meurt, près du pont du Gard.

    Commentaire

Daudet a mis dans cette nouvelle, la première qu‟il signa de son nom et qui parut dans „’Paris-

    Journal’’, toute la vie d‟un village gardois : Bezouce, lieu béni de son enfance. L‟écriture est ponctuée de mots et d‟expressions provençaux, avec aussi une chanson du pays. Le thème est très proche de celui de „‟Mireille‟‟ et l‟influence de Mistral est indéniable.

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    Ses poèmes ayant séduit l'impératrice Eugénie, Daudet, qui collaborait à différents journaux, devint, en 1860, le secrétaire du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et l'une des puissances du Second Empire, fonction qui le mit à l'abri des soucis matériels.

    Pendant l'hiver 1861-1862, il fit, nécessité par une grave syphilis qu'il déguisa en affection tuberculeuse, un voyage en Algérie.

    Il fit jouer :

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    “La dernière idole”

    (1862)

    Pièce de théâtre

    Commentaire

    La pièce, écrite en collaboration avec Ernest Manuel (pseudonyme d'Ernest Lépine), fut montée à l'Odéon, mais elle ne connut qu‟un succès d‟attendrissement.

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    De décembre 1862 à mars 1863, Daudet effectua un voyage en Corse, à Ajaccio, Bastia et dans les îles Sanguinaires.

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    “Les absents”

    (1864)

    Pièce de théâtre

    Commentaire

Elle fut représentée à l‟Opéra-Comique le 26 octobre.

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Ces pièces permirent à Daudet de rejoindre le groupe des ?auteur sifflés? (Flaubert, Zola, les frères

    Goncourt...), souvenir qu'il évoqua dans son recueil autobiographique, “Trente ans de Paris” (1888).

    En 1867, il épousa Julia Allard, et ils firent leur voyage de noces en Provence. Ils allaient avoir trois enfants, Léon, Lucien et Edmée. Elle-même autrice de romans sous le pseudonyme de Karl Steen, elle allait revoir et corriger chaque page qu‟il allait écrire.

     3

L‟année suivante, ils achetèrent une maison à Champrosay, près de Paris, où ils réunirent des amis,