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Alexandre Davy de la Pailleterie

By Holly Lopez,2014-08-29 08:17
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Alexandre Davy de la Pailleterie

    www.comptoirlitteraire.com

    André Durand présente

    Alexandre Davy de la Pailleterie

    dit

    Alexandre DUMAS père

    (France)

    (1802-1870)

    Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

    qui sont résumées et commentées

    (surtout ‘’Les trois mousquetaires‟‟ étudiés dans un dossier à part) .

    Bonne lecture !

     1

    Il était le petit-fils du marquis Davy de La Pailleterie, que son goût de l'aventure poussa à s'installer à Saint-Domingue, et d‟une esclave noire, Louise Césette Dumas. Leur enfant, Thomas Alexandre, né

    en 1762, aurait été vendu par son père, qui avait besoin d'argent. Pourtant, en France, il mena la grande vie avec ce père indigne avant de s'engager dans l'armée sous le nom de sa mère, Dumas. En 1786, il était dragon de la reine. Envoyé en détachement à Villers-Cotterêts, dans l'Aisne, il y tomba amoureux d'une jeune fille du pays, Élisabeth Labouret, qu'il épousa en 1792, alors qu‟il était

    devenu lieutenant-colonel. Il fut commandant en chef de l'armée des Pyrénées occidentales, général en chef de l'armée des Alpes, général en chef de l'armée de l'Ouest, chargé de pacifier la Vendée. Après des exploits durant la campagne d'Italie, il participa à celle d'Orient et contribua à la prise d'Alexandrie (1798). Mais il se brouilla avec Bonaparte car, avec Kléber et Brune, il était du petit nombre de ceux qui refusaient le projet de dictature. Il quitta l‟armée d‟Égypte le 7 mars 1799. Mais, le

    17 mars, il échoua sur la côte occidentale de la Pouille, et fut détenu à Tarente puis à Brindisi, où on tenta de l‟empoisonner. Il fut libéré le 5 avril 1801, après deux ans de captivité. Rentré très affaibli en France, il regagna Villers-Cotterêts où Alexandre, son troisième enfant et son unique fils, naquit le 24 juillet 1802. Napoléon le mit à la retraite, et il vécut dans la gêne, mourant en 1806 des suites de sa captivité.

    Son fils avait alors quatre ans, mais il avait pu apprécier sa force herculéenne, ses habits chamarrés, son courage et son panache (il a dû penser à lui en inventant le mousquetaire Porthos, et il lui consacra dix-neuf chapitres de ? Mes Mémoires ?). Il ne pardonna jamais à Napoléon (qu‟il vit, à son

    retour de Waterloo, passer au relais de poste de Villers-Cotterêts, ce qui le marqua) d'avoir mis son père à la retraite et d'avoir refusé à sa mère la pension due à la veuve d'un héros des guerres de la Révolution. Il raconta pourquoi il avait décidé de s'appeler Dumas et non pas Davy de La Pailleterie, le nom qu'il aurait pu porter : il voulait rester fidèle au nom illustré par son père, le général Dumas. Alexandre Dumas est né et a grandi à la campagne ; petit garçon, il passa beaucoup de temps dans la forêt de Retz qu‟il parcourait en compagnie du garde-chasse Mocquet dont il dira qu‟il lui a tout

    appris. Cet enfant de la nature connut tôt les joies de la chasse, aima les armes, les chevaux, allait rester un homme sportif, un éternel chasseur.

    Cependant, en 1811, il entra à l'école de Villers-Cotterêts que dirigeait un abbé Grégoire. Il y resta jusqu'en 1813. Il ne reçut donc qu‟une formation superficielle, mais sa prodigieuse vitalité et son

    ardeur d‟autodidacte devaient suppléer cette carence initiale. Il dut travailler très jeune, étant à

    quatorze ans, clerc chez Me Mennesson, notaire de Villers-Cotterêts ; mais il se montra plus intéressé par la chasse que par l'étude du droit. En 1819, il fit, à un bal donné par son tuteur, la rencontre du fils d'un noble suédois, Adolphe de Leuven : ce fut un véritable coup de foudre, ils devinrent amis pour la vie. Adolphe l‟initia à la littérature. En 1822, il quitta l'étude de Me Mennesson pour devenir troisième clerc chez un notaire de Crépy-en-Valois. En novembre, il se rendit pour la première fois à Paris en compagnie d'Adolphe de Leuven, finançant leur voyage grâce à la chasse, car il échangea le gibier tué en chemin contre la table et le logis.

    À Paris, il fit la connaissance de l'acteur Talma. En 1823, il s‟y installa. Grâce aux recommandations

    de l'un de ses cousins et du général de Foy, député de l'Aisne, grâce aussi à sa belle écriture, il obtint un emploi de surnuméraire au secrétariat du duc d'Orléans (le futur Louis-Philippe). Il y fit la connaissance d'Hippolyte Lassagne, journaliste et auteur de théâtre qui lui fit découvrir la vie littéraire parisienne. Il s'installa dans une chambrette du Carré des Italiens (actuellement Place Boieldieu). Le chasseur de gibier changea de proie et, depuis son arrivée à Paris, fit des femmes ses victimes préférées, proies faciles face à son charme, à sa prestance et à sa générosité. Cependant, il devint d‟abord l'amant de sa voisine de palier, la lingère Marie-Catherine Lebay, dont il eut, en 1824, un fils, Alexandre, qu‟il n‟allait reconnaître qu'en 1831. Entre le père et le fils qui, élevé par sa mère,

    appréciait peu la vie dissipée de son père, les rapports allaient être d'abord distants, puis difficiles. Il se fit connaître avec une première pièce :

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     2

    “La chasse et l'amour”

    (1825)

    Vaudeville en un acte

    Commentaire

Il fut écrit avec Adolphe de Leuven.

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    ‟La noce et l'enterrement‟‟

    (1826)

    Vaudeville en trois actes

    Commentaire

    Dumas l‟a écrit en collaboration avec Lassagne et Gustave. La pièce, jouée au Théâtre de la Porte Saint-Martin, connut un certain succès.

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Dumas publia son premier livre :

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    ‟Nouvelles contemporaines‟‟

    (1826)

    Recueil de trois nouvelles

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En septembre 1827, Dumas devint l'amant de Mélanie Waldor (1796-1872), poétesse et romancière.

    Il assista aux représentations d'une troupe anglaise venue à Paris jouer des pièces de Shakespeare,

    troupe dont faisaient partie les acteurs Kean et Harriet Smithson. Enthousiasmé par Shakespeare,

    Schiller et Walter Scott, il décida de faire de l‟Histoire son domaine de prédilection.

    Il devint l‟ami de Charles Nodier qui, bibliothécaire à l'Arsenal, recevait dans son salon tous ceux qui

    allaient former le mouvement romantique : ? Je pouvais arriver sans prévenir à l'heure du dîner ; on me recevait avec des cris qui ne laissaient pas de doutes sur ma bienvenue. ?

    En 1828, grâce aux recommandations de Charles Nodier, il fut reçu par le baron Taylor, commissaire

    royal à la Comédie-Française. Il lui lut une pièce qu'il venait d'écrire : _________________________________________________________________________________

    ‟Christine ou Stockholm, Fontainebleau et Rome‟‟

    (1830)

    Tragédie en vers

Christine de Suède…

    Commentaire

La pièce fut présentée au comité de lecture de la Comédie-Française, mais elle ne fut pas jouée,

    d'autres pièces concurrentes abordant le même sujet.

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     3

    En quelques semaines, Alexandre Dumas écrivit une nouvelle tragédie lue chez Mélanie Waldor et à la Comédie-Française où elle fut jouée :

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    “Henri III et sa cour”

    (1829)

    Drame en cinq actes et en prose

    Le roi doit mener une politique difficultueuse, de ténébreux complots l'opposant à sa mère, Marie de Médicis, et à ce parti qui avait alors à sa tête le tout-puissant et ambitieux duc de Guise. Les divers épisodes se nouent autour d'une simple intrigue sentimentale : les amours de Catherine de Clèves, duchesse de Guise, et du comte de Saint-Mégrin, favori du roi. Le duc, ayant découvert cette trahison, oblige sa femme à fixer un rendez-vous au comte de Saint-Mégrin afin de le faire assassiner par ses coupe-jarrets. Pendant que le duc savoure, avec une féroce cruauté, le désespoir de sa femme qui, mise au courant de ce projet, se trouve pourtant impuissante à le faire échouer, la duchesse est obligée de surmonter sa douleur afin que la Cour ignore ce scandale.

    Commentaire

    Dumas utilisa de vieilles chroniques et des Mémoires parfois peu véridiques (surtout ceux d'Anquetil), mais que son sens légendaire du romanesque sut merveilleusement exploiter pour offrir aux spectateurs ce ? drame historique?, à l'action rapide, nourri de passions violentes et plein de couleur locale qu'attendaient tous les novateurs. En effet, il tire surtout son importance de l'époque où il a été joué : c‟était deux ans après la fameuse „‟préface de Cromwell‟‟ et un an avant „‟Hernani‟‟ (dont les

    vers sont plus flamboyants). Il révéla pour la première fois l'exceptionnelle maîtrise de celui qui devait s'imposer, en France, comme le véritable triomphateur du nouvel art théâtral pendant plus d'un quart de siècle. Grâce à son instinct scénique très sûr et à une langue facile, il obtint, à la Comédie-Française le 11 février 1829, ce succès populaire que Victor Hugo, pourtant véritable chef de file du théâtre romantique, n'obtint jamais.

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En 1829, Victor Hugo écrivit à Alexandre Dumas pour lui demander une place pour „‟Henri III et sa

    cour‟‟. Grâce à Charles Nodier, les deux écrivains, nés la même année, firent connaissance et une amitié se noua : ? Nos mains serrées au milieu d'un succès ne se sont jamais désunies. ?

    Dumas devint bibliothécaire du duc d'Orléans.

    Sa mère subit une attaque d'apoplexie : elle allait rester paralysée jusqu'à sa mort en 1838. Il retravailla sa pièce „‟Christine‟‟ dont la première eut lieu fin mars, au théâtre de l'Odéon.

    En février 1830, il assista à la première d'‟‟Hernani‟‟, pièce de Victor Hugo.

    En juillet 1830, Alexandre Dumas, homme généreux, homme de passions, qui ne s‟intéressait pas à

    l‟Histoire seulement en écrivain, qui aurait aimé y jouer un rôle actif, qui s‟est toujours intéressé à la

    politique, aida à construire une barricade rue du Bac, puis participa aux émeutes. La Fayette lui donna un laissez-passer pour aller chercher de la poudre à Soissons, et il revint à Paris en triomphateur. Il consacra à ces aventures une quinzaine de chapitres de „‟Mes Mémoires‟‟ où il prétendit avoir, à lui

    seul, orienté la révolution ! À la suite de ces événements, le père de son protecteur devint roi de France, et Dumas espéra être nommé ministre. Déçu de ne pas l‟être, il démissionna l'année suivante

    de ses fonctions de bibliothécaire.

    En janvier 1831, il fit jouer à l‟Odéon :

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     4

    „‟Napoléon Bonaparte, ou Trente ans de l‟histoire de France ‟‟

    (1831)

    Pièce de théâtre

    Commentaire

Cette pièce fut un échec.

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    Le 5 mars 1831 naquit Marie-Alexandrine, fille de Dumas et de sa maîtresse du moment, la comédienne Belle Kreilssamner, alias Mélanie Serre. Il la reconnut et reconnut cette même année son premier fils. Elle allait passer une partie de sa vie avec son père dont elle fut souvent prête à censurer la vie amoureuse. Après avoir quitté son mari, jeune poète, elle se réinstalla avec lui, peignant, écrivant, menant une vie de bohème, s'habillant en druidesse et passant pour dérangée auprès des amis d'Alexandre.

    En mai, fut créé au théâtre de la Porte Saint-Martin :

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    “Antony”

    (1831)

    Drame en cinq actes

    Adèle, noble jeune fille, a été fiancée, par son père, au colonel d'Hervey, quand Antony pénètre dans son existence et la trouble par l'ardeur d‟une grande passion. Bien que son train de vie soit luxueux, il

    ne possède ni nom, ni famille, et sa naissance est enveloppée de mystère. Il hait cette société où pourtant il a un grand succès. Mais il en serait banni si l'on connaissait son état civil. Pour ces raisons, il ne veut pas lier sa vie à celle d'Adèle. Il décide de se sacrifier pour la paix de la femme aimée, et disparaît.

    Mais le sacrifice est trop dur. II ne peut résister à sa passion, que le temps et l'éloignement exaspèrent. Trois ans plus tard, il adresse un billet à Adèle qui est devenue Mme d'Hervey, en lui demandant une entrevue secrète. Bouleversée, la jeune femme veut fuir pour ne pas le revoir, et cherche à rejoindre son mari absent. Dès le départ, les chevaux de sa voiture s'emballent et partent au galop. Un homme se jette à leur tête pour les arrêter. Il est blessé et on le transporte chez Adèle pour lui donner les premiers soins : c'est Antony. Adèle, épouse et mère, ne veut pas se souvenir de leur ancienne liaison. Rassurée par le médecin, elle propose de le faire raccompagner. Antony, ne voulant pas la quitter, arrache ses pansements et perd connaissance. Après une convalescence de cinq jours pendant lesquels Adèle évite soigneusement le blessé, elle accepte tout de même de lui accorder une dernière entrevue au cours de laquelle elle comprend les raisons de son éloignement : sans naissance, il ne pouvait prétendre l‟épouser et avait préféré fuir sans toutefois calmer la furie de son amour. Vaincue par l'impétueuse éloquence du jeune homme, elle lui avoue ses sentiments et lui promet de partir avec lui, Mais elle espère se dérober au moment décisif, car cet amour est un crime social. Elle décide d‟aller se mettre sous la protection de son mari. Antony, très exalté, la poursuit. Le

    soir, il la précède dans une auberge près de Strasbourg où elle doit relayer, et soudoie l'aubergiste, mettant tout en œuvre pour l‟isoler. Comme on prétend qu‟il n‟y a pas de chevaux pour sa voiture, elle

    est obligée de coucher à l'hostellerie où on lui donne une chambre qu'un ? voyageur qui l'a précédée?

    consent à lui céder. C‟est Antony qui obtient qu'elle reparte avec lui pour Paris et reprenne sa vie habituelle.

    Trois mois se sont écoulés, Adèle et Antony sont revenus à Paris où la bonne société se délecte de leur escapade. La vicomtesse de Lacy, qui croit en l‟innocence de son amie, les convie à un bal.

    Adèle y prend conscience de la ruine de sa réputation car ses anciens amis la jugent légère et consentante. Torturée par le remords, offensée par des insinuations insultantes et venimeuses, c‟est

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désespérée qu‟elle retourne chez elle. Antony apprend alors que le colonel d‟Hervey est en route pour

    revenir à Paris : il a été averti de la situation par des lettres anonymes. Antony se rend chez elle pour l‟avertir et lui proposer de fuir ensemble. La perspective de la tragédie inévitable et du scandale qui

    entachera l‟avenir de sa fille bouleversent Adèle. Antony, pris entre la fureur et le désespoir, fou

    d‟amour et de douleur, tente de l‟emmener de force quand le colonel frappe à la porte. Adèle supplie Antony de la tuer ; seule sa mort, uniquement la sienne, pourra arranger la situation. Antony la poignarde et déclare au colonel qui surgit dans la pièce : ?Elle me résistait, je l‟ai assassinée !?

    Commentaire

    Ce drame de caractère passionnel, à la trame ultra-romantique, fut inspiré à Dumas par sa liaison chaotique avec Mélanie Waldor. Il déclara : ?Antony n‟est point un drame, Antony n‟est point une

    tragédie, Antony n‟est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d‟amour, de jalousie, de colère, en cinq actes.?

    Menée avec une habileté réellement étonnante et des moments d'ombre et de mystère savamment ménagés pour accroître le pouvoir de suggestion du drame, l'œuvre s'impose par sa violence : c‟est

    un souffle d‟amour et de démence grandissant. Par elle triomphe le thème de la passion tourmentée

    qui dépasse toute limite, et de l'amour rebelle aux conventions, en lutte avec le formalisme qui domine la vie sociale. Le personnage d'Antony, sombre et fascinant héros romantique, inaugurait un type d'aventurier noble et passionné, prêt aux décisions les plus tragiques, emporté et perdu par la passion qu'il a lui-même suscitée. Jeune, beau, intelligent, riche mais sans nom et sans naissance, il se heurte de plein fouet, et avec toute la fougue de son désespoir et de sa misanthropie, à la haute et bonne société parisienne qui lui refuse le bonheur. En dépit de ses qualités qui devraient faire de lui un homme aimé et même adulé, il se voit interdire l‟amour d‟Adèle. Ce défaut de nom est une tare indélébile. Aussi développe-t-il un amour instinctif et violent pour Adèle qui l‟aime pour ce qu‟il est et non pour sa condition sociale.

    Malheureusement, si Antony a la volonté de se heurter aux codes sociaux, Adèle n‟est pas de taille à mener le même combat. Le départ précipité et inexpliqué d‟Antony trois ans plus tôt l‟a décidée à

    épouser le colonel d‟Hervey dont elle a eu une fille. Cette enfant, innocente et qu‟elle aime, est le vrai obstacle à son amour pour Antony ; jeune femme éduquée selon les principes de la société parisienne, elle ne peut se résoudre à jeter l‟opprobre sur son enfant et préfère la mort à la honte.

    La première eut lieu au Théâtre de la Porte Saint-Martin le 3 mai 1831, avec Marie Dorval (une autre des maîtresses de Dumas) dans le rôle d‟Adèle, et Bocage dans celui d‟Antony. Elle fut un immense

    succès auquel concurut beaucoup la phrase terrible qui est la réplique finale. Les femmes pleuraient, hurlaient, déchiraient leurs mouchoirs de dentelles, rêvaient de pouvoir un jour inspirer une telle passion ; les hommes s‟exaltaient et applaudissaient l‟amour insensé et dramatique du ténébreux héros qu‟ils voudraient incarner. Le succès ne se démentit pas : „‟Antony‟‟, l‟un des plus grands

    triomphes de Dumas au théâtre, l'une des pièces les plus remarquables du théâtre romantique français, fut considérée comme ? le plus grand événement littéraire de son temps ? par Maxime du Camp, ce qui lui valut d'être pastichée.

    De nos jours, l‟intrigue d‟‟‟Antony‟‟ peut paraître quelque peu excessive. Toutefois, le rythme saccadé et rapide de l‟écriture nous emporte assez facilement ; on se laisse prendre au jeu et on ressent de la compassion pour ce jeune couple sacrifié.

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Victor Hugo, un peu jaloux du succès d'‟‟Antony‟‟, laissa un de ses protégés écrire un article méchant

    pour Dumas. Une brouille s'ensuivit.

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    ‟Charles VII chez ses grands vassaux‟‟

    (1831)

    Pièce de théâtre

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    „‟Teresa‟‟

    (1831)

    Pièce de théâtre

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    “La tour de Nesle”

    (1832)

    Drame en cinq actes

    Léonet de Bournonville, page du duc de Bourgogne, est l'amant de la princesse Marguerite de Bourgogne ; de cette liaison, deux enfants sont nés. Le duc de Bourgogne veut faire enfermer sa fille dans un couvent ; pour échapper à cette éventualité, elle pousse Léonet à assassiner le duc. Mais, épouvantée par son crime et voulant effacer le souvenir de sa passion et de ses conséquences, elle ordonne au page de partir et confie les nouveau-nés à un homme afin qu'il les noie. N'ayant pas le cœur d'accomplir son horrible mission, ce dernier abandonne les jumeaux devant Notre-Dame, après leur avoir marqué le bras, à tous deux, d'une croix, avec la pointe de son poignard. Les années passent. Marguerite est devenue l‟épouse du roi Louis X. L'ancien page, devenu un

    valeureux officier, revient à Paris, sous le nom de Buridan. Les enfants abandonnés sont devenus deux séduisants cavaliers, Philippe et Gaultier Daulnay. Philippe, qui s‟était rendu dans la triste tour

    de Nesle, qui s‟élève au bord de la Seine pour y rejoindre Marguerite qui y abritait ses amours

    clandestines et qui sait pas qu'elle est sa mère, a été assassiné sur son ordre. Gaultier, qui veut se venger des meurtriers de son frère, est passionnément amoureux de Marguerite qui, pour la première fois de sa vie peut-être, éprouve un sentiment pur pour celui qui est son autre fils. Buridan sachant que Philippe a été tué sur l'ordre de la reine, elle décide de faire mourir ; mais il dévoile sa véritable identité et parvient à se faire nommer premier ministre. Il apprend par hasard que Gaultier est son propre fils, alors qu'il a déjà causé sa perte en l'envoyant à la tour de Nesle où, sur l'ordre du roi qu'il a lui-même provoqué, tous ceux qui se trouveront doivent être arrêtés. Buridan se précipite à la tour, entre par la fenêtre, mais ne réussit pas à sauver la vie de son fils, car le jeune homme, pris pour Buridan, que la reine avait ordonné de supprimer, est égorgé. Marguerite et l'ancien page se réconcilient au nom de leurs fils morts mais subiront le même sort qu'eux car, sur l'ordre du roi, ils sont arrêtés.

    Commentaire

    Ce drame assez grandiloquent, plein de coups de théâtre, exploitait la légende qui faisait de la tour de Nesle le théâtre de plus d'un crime : c'est là, en effet, que Marguerite de Bourgogne, l'épouse légitime du roi Louis X, et ses propres sœurs auraient massacré leurs amants après une certaine nuit d'amour,

    dont nul ne fut jamais témoin. La pièce fut écrite, en collaboration avec Fréderic Gaillardet, dans une langue des plus colorées. Créée en mai 1832, au théâtre de la porte Saint-Martin, elle connut un immense succès et donna naissance à tout un théâtre romantique populaire, qui se donna la mission de ressusciter d'une façon plus ou moins heureuse un Moyen Âge fort peu conforme aux exigences de la vérité historique.

    La collaboration entre les deux auteurs déclencha une vive querelle, un procès et même un duel. Mais Gaillardet reconnut en 1861 le rôle capital de Dumas dans l'écriture de cette pièce. _________________________________________________________________________________

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    „‟Gaule et France‟‟

    (1832)

    Essai

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En juin 1832, Dumas participa aux émeutes.

    Puis, frappé par le choléra, en septembre, il se rendit en Suisse, à la recherche de l'air tonifiant des montagnes. Il rencontra Chateaubriand à Lucerne. Il rapporta tout ce qu'il vit et entendit dans : _________________________________________________________________________________

    Voyage en Suisse‟‟

    (1833)

    Commentaire

    Ce texte est considéré aujourd'hui comme l'ouvrage à l'origine de tous les guides touristiques modernes.

    Alexandre Dumas, qui fut un des grands voyageurs de son siècle, allait publier tout au long de sa vie plusieurs récits de voyage.

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Dumas fit paraître sous le pseudonyme ?général Dermoncourt? :

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    ‟La Vendée et Madame‟‟

    (1833)

    Roman

    Au printemps 1832, la duchesse de Berry, une sorte de Marie-Antoinette apprêtée, qui monte à cheval comme un homme, pistolets sur les hanches, l‟épouse de Charles Ferdinand d'Artois, duc de Berry,

    fils de Charles X, qui avait été assassiné, la mère d'Henri d'Artois, prétendant légitimiste au trône de France, en son nom, pour qu‟il soit reconnu roi, en qualité de ?régente?, à vingt-huit ans, revient

    clandestinement en France, débarquant sur la côte de Vendée dans la nuit du 28 au 29 avril. Elle veut relancer les guerres de Vendée et rallier la population à sa cause. Mais la mobilisation locale est assez faible, et l'opération échoue rapidement. La duchesse cherche refuge dans une maison de Nantes mais, trahie par Simon Deutz, après s'être cachée toute une nuit dans un réduit situé derrière une cheminée dont l'âtre est allumé, elle est arrêtée le 8 novembre 1832 par la gendarmerie. Détenue dans la citadelle de Blaye et soumise à la surveillance la plus rigoureuse, elle accouche d'une fille devant des témoins désignés par le maréchal Bugeaud à la demande du roi Louis-Philippe qui veut profiter de l'occasion pour flétrir son honneur aux yeux des légitimistes et discréditer ainsi définitivement la cause du prétendant. La duchesse doit alors rendre public un mariage qu'elle avait contracté en 1831 avec Hector Lucchesi-Palli, duc della Grazia.

    Après quelques années en prison, elle est libérée et expulsée vers Palerme. Elle se voit tenue à l'écart de la famille royale, qui lui refuse la direction de l'éducation de son fils. Elle s'installe ensuite en Autriche où elle vit les dernières années de sa vie, mourant au château de Brunnsee en 1870. Printemps 1832. Une jeune aventurière, la tête échauffée par les épopées de Walter Scott, débarque en France avec l'intention d'y prendre le pouvoir. L'histoire est vraie. L'héroïne, une princesse au sang chaud, Marie-Caroline de Bourbon Siciles. C'est la jolie veuve du duc de Berry, le fils de Charles X. Le rêve de cette amazone hors du commun ? Soulever la Vendée, marcher sur Paris, faire reconnaître

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    son fils comme souverain légitime. Mais la Vendée de 1832 n'est plus celle de 1793 et l'équipée de Madame, la duchesse de Berry, se transforme rapidement en chevauchée romantique et désespérée. En face d'elle, le général Paul Dermoncourt, chargé de gagner une guerre prise très au sérieux par le roi Louis-Philippe. Paul Dermoncourt est l'ancien aide de camp du général Dumas (mort en 1806, père d'Alexandre et ancien commandant en Vendée).

    Parti sur les traces de son père, le jeune Alexandre Dumas, alors connu comme auteur dramatique, se lie d'amitié avec Dermoncourt et lui prête sa plume pour cette chronique rédigée à chaud, où s'affirme déjà toute la verve du futur romancier.

    Un ouvrage de jeunesse d'Alexandre Dumas retrouvé et publié par Claude Ribbe, le biographe du général.

    Commentaire

    Du fait de son actualité brûlante, le livre eut un grand succès, se vendant aussitôt à trois mille exemplaires.

    En 2009, le roman fut republié sous le nom d‟Alexandre Dumas, qui était fou de la duchesse de Berry,

    un personnage qu‟il aurait pu inventer auquel il offrit son livre à genoux.

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En 1834, Dumas mit fin à la querelle avec Victor Hugo.

    En 1835, il voyagea en Italie avec sa nouvelle maîtresse, une autre comédienne, Ida Ferrier. Il publia :

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    Souvenirs d'Antony‟‟

    (1835)

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    „‟ Chroniques de France : Isabeau de Bavière‟‟

    (1835)

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    “Léo Burckart”

    (1835)

    Drame

    Commentaire

La pièce fut écrite avec Nerval qui l‟a co-signée.

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En 1835, Dumas entama une collaboration avec la „‟Revue de Paris‟‟ qui allait durer jusqu'en 1844.

    Il fit un séjour à Naples, qui ne dura qu‟une quinzaine de jours mais fut un véritable feu d‟artifice,

    comme le montre son récit de voyage : ‟Le Corricolo‟‟, publié en 1843.

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    “Kean” ou “Désordre et génie”

    (1836)

    Drame en cinq actes

    Le Britannique Edmund Kean est un acteur génial, interprète exceptionnel des rôles shakespeariens, connaissant par coeur des tirades tragiques qu'il renouvelle sans cesse avec génie, et un Don Juan aux nombreuses débauches et aventures dont le charme tient principalement à la virtuosité de son esprit. L'action débute au moment le plus heureux de sa vie : trois femmes, l'humble Ketty, la richissime Anna Damby et la superbe comtesse Eléna Kœfeld, épouse de l'ambassadeur de

    Danemark, souhaitent être aimées de lui. Kean, quant à lui, aime ou croit aimer la comtesse. Il se trouve avoir pour rival le prince de Galles, son ami et son protecteur, ce qui lui fait peut-être confondre l'amour avec la vanité satisfaite.

    Il a donné rendez-vous à la comtesse dans un cabaret où il l'attend avant la représentation. À sa place arrive Anna, qui implore son aide pour repousser les assiduités de lord Mewill. Ce dernier refuse de se battre ? avec un histrion ?. L'insulte provoque un scandale monstre et une violente dispute entre les amis de Mewill et la foule accourue pour défendre Kean.

    Bouleversé, l'acteur arrive au théâtre et, trouvant dans sa loge le prince de Galles, se prend de bec avec lui : chacun fait prévaloir ses droits sur la comtesse. Là-dessus, Kean est appelé en scène. À peine a-t-il dit les premières tendres répliques de Roméo qu'il voit dans une même loge la comtesse et le prince. Sa colère alors éclate et, dans une tirade furibonde, il insulte le prince, l'univers et la vie entière ; puis il perd connaissance et s'écroule.

    Condamné à l'exil, il part pour l'Amérique avec Anna qu'il doit épouser.

    Commentaire

    Dumas s'est inspiré du personnage réel d'Edmund Kean (1787-1833) qui a dominé la scène anglaise au XIXe siècle jusqu'à sa mort à l'âge de quarante-six ans. Dans cette pièce brillante, qui est le drame le mieux réussi de Dumas, les répliques fusent, les effets scéniques sont impressionnants, en particulier dans la grande scène de l‟invective.

    Le brillant séducteur qu‟est Kean a son talon d'Achille : en dehors du théâtre, il n'arrive pas à saisir le sens de sa vie, est devenu cynique. Peut-il exister sans jouer la comédie? Est-il aussi détaché qu'il le dit du pouvoir politique et de la critique? C'est ce que la jeune Anna Damby entreprend de sonder. Ambitieuse, énergique et rusée, elle a de quoi se colleter avec Kean, et elle est prête à tout pour faire tomber son masque d'acteur.

    Le célèbre Frédérick Lemaître donna une interprétation sublime de Kean, et la pièce fut un grand succès du théâtre romantique.

    Jean-Paul Sartre s'est intéressé à la pièce au point de la récrire pour lui donner une tonalité résolument contemporaine, poser la question des rapports que l'artiste entretient avec les diverses formes de pouvoir.

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    Don Juan de Marana ou La chute d‟un ange‟‟

    (1836)

    Drame

    Don Juan, pour arracher à son frère bâtard, don Josés, la part d‟héritage que son père lui a destinée, tue le prêtre don Mortes, exécuteur testamentaire. Puis il enlève Teresita, la fiancée de don Josés. Celui-ci, dépouillé et battu par les serviteus de don Juan, vend son âme à Satan pour se venger de cette infamie. Un ange (le second acte se déroule au ciel), pour sauver don Juan de la colère du Seigneur, demande à la Vierge d‟être envoyé sur la terre afin de racheter le pécheur. L‟ange s‟incarne

    en sœur Marthe, laquelle, tentée par don Juan, lui donne un rendez-vous dans une église. Là se

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