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NOTION DE CLUB THERAPEUTIQUE

By Carmen Murray,2014-11-26 16:10
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NOTION DE CLUB THERAPEUTIQUE

    Diplôme Universitaire de Psychothérapie Institutionnelle

    Faculté de médecine de Lille 2. Mai 2006.

    dr Daniel Denis, Catherine Portet, Anne Noëlle Rousselot,

    secteur 2, cesame, sainte gemmes sur loire.

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    NOTION DE CLUB THERAPEUTIQUE

     Si l’on se reporte au dictionnaire Robert on trouve du mot

    ? Club ? la définition suivante :

    de l’anglais club : réunion, cercle

    1 / société où l’on s’entretenait des questions politiques. Le club

    des Cordeliers, le club des Jacobins

    2/ cercle où des gens viennent passer leurs heures de loisirs, pour

    bavarder, jouer, lire. ex : Inviter un ami à dîner à son club 3/ se dit de certaines sociétés constituées pour aider leurs membres à exercer certaines activités désintéressées (sport, voyages…) V. Association ex : le Club Alpin, le Touring Club, le club sportif, le

    Racing club

    4 / large et profond fauteuil de cuir

    5 / au golf crosse pour frapper la balle.

     Jean OURY dans le texte du rapport, exposé lors de

    l’assemblée générale de la Fédération des Sociétés de Croix

    Marine d’Aide à la Santé mentale d’octobre 1959 à Paris,

    développe l’histoire et la conceptualisation de la notion de club

    thérapeutique.

     Il situe l’apparition relativement récente de cette notion de Club comme la résultante de plusieurs courants, celui de l’apport de FREUD et de la psychanalyse, le travail d’HERMANN SIMON

    à Gütersloh après la première guerre mondiale soulignant l’intérêt de proposer aux patients hospitalisés une vie collective active, capable de lutter sans arrêt contre ce qu’il désigne comme

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    les trois maux majeurs, qui sévissent à l’Hôpital, qui sont l’inaction, l’ambiance néfaste et le préjugé d’irresponsabilité jeté

    sur le malade. Autre courant : le développement des psychothérapies de groupe aux Etats Unis à partir de 1930, les activités extrahospitalières en Angleterre à la Tavistock Clinic,

    s’inspirant de Kurt LEVIN, l’occupationnal thérapy ou clubs

    sociothérapiques créés en Angleterre sous l’impulsion de BIERER, l’importance prise par les méthodes dites actives dans le champ de la pédagogie avec MAKARENKO, MONTESSORI, le mouvement FREINET et les mouvements de jeunesse comme le scoutisme et le

    mouvement des Auberges de jeunesse

    Cette brusque éclosion apparue dans plusieurs domaines, psychiatrie, pédagogie, encadrement de délinquants, fait suite,

    nous dit J. OURY, à de profonds remaniements historiques,

    guerres mondiales, conquêtes sociales, possibilité d’accès aux

    loisirs, expériences concentrationnaires, qui impulsent un

    éclatement des cadres culturels et un processus de remise an question des principes de la société globale, dont l’avènement des

    Clubs va constituer à l’intérieur des hôpitaux une étape.

    En effet ils vont profondément remettre en question la vie à l’intérieur des établissement hospitaliers, en ouvrant ceux-ci à la

    société environnante et en y développant des foyers de culture, en y refondant une vie collective sur une tradition authentique. C’est ainsi qu’en France de nombreux clubs thérapeutiques vont être ainsi réalisés, DAUMEZON à Fleury les Aubrais, SIVADON et

    FOLLIN à Ville Evrard, LE GUILLANT à Villejuif, EY à Bonneval et surtout TOSQUELLES à Saint Alban et OURY à La

    Borde.

    Un club thérapeutique est donc une structure associative rendue

    possible par la l’arrêté et la circulaire de février 1958.

L’arrêté du 4 février 1958 est relatif à l’organisation du travail

    thérapeutique dans les Hôpitaux psychiatriques.

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    Il précise d’une part que le Médecin chef, a seul qualité pour décider la mise au travail d’un malade hospitalisé. Il est chargé de s’assurer des conditions générales de ce travail, en détermine pour

    chaque malade la durée journalière.

    Ce travail doit donner lieu pour chaque journée de travail à

    l’attribution d’un ? pécule dit de base ?, indexé sur le prix du

    timbre-poste, valeur symbolique appuyée donc sur une idée d’ouverture et d’échange avec le monde extérieur. Les sommes

    pouvant être attribuées varient de 1 à 5 fois le prix de cet

    affranchissement postal, en fonction de la quantité du travail

    effectué.

    A la différence des mesures appliquées précédemment, le travail

    des malades n ‘appartient plus à l’établissement.

    Les excédents de recettes vont devoir alimenter un fonds de solidarité, également constitué par une dotation inscrite au budget et financer des dépenses faites dans l’intérêt collectif d’un groupe

    de malades.

    Une attribution aux malades d’une allocation complémentaire

    appelée ? pécule complémentaire ? est possible et fixée par le

    Médecin chef de service.

La circulaire du 4 février 1958 . Elle concerne principalement les

    travaux

    effectués dans les ateliers dits médicaux (distincts des travaux effectuées dans les différents services généraux dd l’établissement)

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    Elle distingue deux hypothèses essentielles d’organisation de ces

    ateliers :

    ? le travail en régie ?. L’établissement fournit le matériel et les matières premières. Les produits fabriqués peuvent être réservés à la consommation intérieure ou être vendus soit par l’établissement lui-même, soit avec une association Loi 1901, avec laquelle il a passé convention. On considère dans ce cas de figure qu’il y a

    cession théorique des produits fabriqués à l’établissement.

    ? le travail à façon ?. L’établissement traite pour ces fournitures avec des tiers, entrepreneurs ou associations Loi 1901..Les objets fabriqués sont remis à l’entrepreneur ou à l’association contre

    versement d’une somme convenue à l’avance et destinée à couvrir

    le montant de prestations fournies par l’établissement.

    Elle reprécise les notions de ? pécule de base ? et de ? pécule complémentaire ?. Le pécule ne peut être considéré comme un salaire du point de vue légal. C’est un élément de resocialisation

    dans le contexte de l’époque où les patients hospitalisés ne

    perçoivent aucun revenu.

     Le pécule de base sanctionne lui uniquement la durée de travail, le pécule complémentaire est une rémunération qui doit

    porter sur un élément objectif : la durée de travail et son rendement et un élément subjectif qui est l’effort même accompli par le malade et qui sera apprécié par le médecin. Il est dit qu’un malade dont le rendement économique est nul, peut néanmoins bénéficier d’un pécule complémentaire, s’il apparaît au médecin

    que cela est justifié et nécessaire sur le plan thérapeutique.

     Ces sommes seront directement perçues par les malades soit

    mensuellement soit dans tous les cas au moment de la sortie.

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     Le pécule de base est un des éléments constitutifs du prix de journée, le pécule complémentaire est alimenté par les recettes

    réalisées par les ateliers, quand il s’agit d’ateliers médicaux

    (ergothérapie) et par le prix de journée pour les malades

    travaillant dans les services généraux de l’établissement.

     Le fonds de solidarité.

     Il peut venir en complément du pécule de sortie et doit fonctionner dans le cadre de chaque service, sous forme de prêt d’honneur ou de secours non remboursable. Il est alimenté comme

    on l’a dit par une somme inscrite au budget et les excédents des

    ateliers.

     Il est prévu que la gestion de ce fonds de solidarité puisse

    être confiée le cas échéant à une association Loi 1901.

     La circulaire consacre enfin un long développement à l’intervention d’une association dans l’organisation du travail thérapeutique, afin de faire état du fonctionnement d’expériences de ce genre dans plusieurs établissements et de permettre que ces

    expériences puissent se poursuivre et s’étendre.

    L’association est présentée comme un organisme plus souple

    auquel on peut avoir recours

    pour la prospection des marchés extérieurs et la recherche de

    débouchés aux objets fabriqués

    pour tenir le rôle de l’employeur pour le travail à façon

    pour gérer le fonds de solidarité

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    pour jouer ? un rôle dans l’organisation de la vie sociale dans le service ou l’établissement en se chargeant de l’organisation de manifestations diverses telles que sorties collectives, kermesses,

    compétitions sportives, etc… ?

    Dans tous les cas, dit le texte, que cette association se constitue comme ? Amicale des malades ou anciens malades ?, Société de Patronage ou association filiale des Sociétés de Croix Marine, elle

    doit passer une convention avec l’établissement, fixant

    précisément les attributions de l’association et la répartition des

    tâches entre celle-ci et l’établissement.

    Il est aussi recommandé que ces associations se structurent selon la Loi de 1901 et qu ‘elles prévoient d’y intéresser les familles des

    patients et les anciens malades. Il est aussi souligné l’intérêt

    qu’elles se constituent en lien avec l’administration hospitalière ;

    la représentation de droit de l’équipe administrative au sein du

    CA de l’association est souhaitée.

Enfin la circulaire commente les modalités de l’aide financière

    apportée par les

    établissements. Elle en distingue trois formes : une subvention de démarrage, une subvention annuelle de fonctionnement et une subvention exceptionnelle en vue d’une affectation déterminée.

Cette circulaire portant sur l’organisation du travail des malades

    mentaux en traitement dans les hôpitaux psychiatriques prévoit et souligne l’intérêt de créer une association, pour ? apporter l’aide

    matérielle et morale ? nécessaire aux patients permettant que l’argent gagné dans les ateliers d’ergothérapie puisse leur être destiné, plutôt que de revenir à l’hôpital et pour qu’ ? elle joue un

    rôle dans l’organisation générale de la vie sociale dans le service

    ou l’établissement ?.

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    Cette association est au départ composée de soignants et autant que possible de personnes extérieures au monde des soins. Elle constitue un Comité Hospitalier qui passe une convention avec

    l’établissement où il est implanté. Cette convention prévoit la mise à disposition du personnel pour le fonctionnement de l’association,

    des locaux attribués et les charges qui éventuellement incomberont à l’association. Le Comité crée en son sein un club

    thérapeutique, dont l’un des objectifs essentiels est de

    responsabiliser les malades dans l’organisation de la vie

    quotidienne du service, des loisirs, des ateliers etc..

    La portée de ces dispositions sera considérable, là où pourront se

    constituer

    des Comités Hospitaliers type Croix Marine, organisant avec l’aide d’un club de malades, la vie sociale et apportant en cela des

    possibilités non prévues par l’établissement, avec comme

    évolution une véritable humanisation de celui-ci.

    Ailleurs et dans la majorité des établissements, la portée

    révolutionnaire d

    ces dispositions sera neutralisée par la création de simples sociétés

    de patronage, émanation de la Direction des établissements, fausses associations, excluant toute participation des patients et

    des soignants à leur fonctionnement.

    Remise en cause de ces dispositions

    Au fil du temps cependant et malgré cette assise conventionnelle,

    un certain

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    nombre de directions de CHS vont remettre en question les

    dispositions de la circulaire de 1958, du fait de diverses

    transformations.

    Les textes qui régissent la psychiatrie publique vont se modifier

    avec la

    globalisation des dépenses hospitalières puis la loi du 30 décembre 1985 fait de l’Administration de l’Hôpital le maître d’œuvre de toutes les activités de service public de psychiatrie, l’aggravation

    des pressions économiques, soulignées par la Sécurité Sociale

    aboutissent à ce que les DRASS puis les ARH orientent leurs

    actions vers un redéploiement des moyens et la recherche

    d’alternatives.

    L’hôpital décide donc de diversifier ses fonctions et il peut

    légitimement se

    présenter comme agent de l’innovation, là même où jusqu’à présent il ne pouvait que subir des contraintes. C’est dire que l’un

    des arguments le plus souvent invoqué en faveur du système associatif, sa souplesse et sa plasticité, son adaptabilité, apparaît pour certains Directeurs, en ces temps de re-création du dispositif

    de soins, de moins en moins pertinent.

    Ainsi au travers du désengagement des CHS et de leurs directions,

    de

    nombreuses associations se voient annulées, dans ce qu’elles

    apportent de différent dans les procédures qui ont cours à l’hôpital. En effet pour que les soignants fondent un nouveau

    réseau d’échanges dans la vie hospitalière et une autre qualité relationnelle, il faut que symboliquement quelque chose en ouvre le champ et que soit acceptée et assumée volontairement par la

    Direction, une perte de souveraineté.

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    Une autre voie de contestation des avancées permises par cette

    circulaire de

    1958 se fera, par l’intermédiaire des Chambres Régionales des

    Comptes, dénonçant les gestions des associations proches de

    l’hôpital, comme ? des gestions de fait ? et accusant les

    associations d’être des associations ? transparentes ? en vertu de

    la loi.

    - Une association ? transparente ? est une association qui

    contourne les

    règlements de la comptabilité publique. Il en serait ainsi d’une association qui serait créée avec l’objectif de gérer une activité dévolue à l’établissement, en court-circuitant les instances de

    décision de l’établissement hospitalier et en cumulant les fonctions d’ordonnateur des dépenses et de comptable, bien séparées dans

    la gestion publique.

    - La ? gestion de fait ? est le maniement irrégulier d’argent public

    par des

    personnes non autorisées.

    Certaines malversations financières ou indélicatesses de gestion,

    dont se sont

    montrées coupables certaines associations ont attiré la suspicion sur le système associatif, accusé abusivement d’échapper à tout

    contrôle et de démembrer le service public.

    Vis à vis des juridictions administratives et financières l’argument

    de la

    souplesse de gestion était donc de moins en moins recevable, en

    face du discours anticorruption.

    C’est donc essentiellement sur l’argument de l’intérêt

    thérapeutique que s’est

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