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GRANDE MEDAILLE D'OR

By Geraldine Reed,2014-08-11 06:57
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GRANDE MEDAILLE D'OR

GRANDE MEDAILLE D' OR . Fondation de l'Académie d'Architecture 1965

Kristian GULLICHSEN, architecte, par Roland Schweitzer

A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 1

    Kristian GULLICHSEN, est né le 29 septembre 1932 à HELSINKI. A l'âge de sept ans il découvre la nouvelle maison de ses parents, la villa Mairea, une des œuvres maîtresses d'Alvar

    AALTO.

    Sa sensibilité d'enfant lui a alors permis de percevoir progressivement l'influence pédagogique du cadre de vie dispensé par ce chef d'œuvre : élégance sans ostentation, multiplicité des

    formes contribuant à la fluidité des espaces, intégration dans la forêt. Il a appris à dialoguer avec cette maison telle un palais ou une hutte, selon ses aspirations du moment.

    Pour GULLICHSEN, chaque projet exprime un lien indissociable entre fonction, forme et situation, prenant en compte les idéologies concernant les matériaux, l'histoire, le style, la sociologie et l'urbanisme.

    La flexibilité de cette méthode confirme la multiplicité formelle fondée par le mouvement moderne.

    Kristian GULLICHSEN affirme que l'architecture est un évènement naturel, une pratique qui ne requiert pas d'introduction, qui s'exprime par elle-même.

    Il est ainsi aisé de discerner des différences entre ses bâtiments, différences mais non oppositions ce qui démontre combien de liberté et d'innocence nous sont toujours accordées pour assurer la conception.

Chaque projet a sa propre histoire, ses propres exigences, son esprit, son âme.

Durant sa carrière, Kristian GULLICHSEN suit, spontanément et à tout prix, l'évolution

    linéaire des principes rationnels et poétiques du mouvement moderne. Il fait référence à différents architectes parmi lesquels Alvar Aalto, Le Corbusier, Sigmund Leverentz.

    Le mouvement moderne offre toujours des ressources pour de nouvelles articulations formelles : dans l'organisation interne des espaces, dans leur relation avec la ville et le paysage, dans le choix des matériaux, dans l'évolution typologique et dans l'image collective qu'offrent les bâtiments.

    Ses réalisations ne peuvent pas être classées par styles : elles ne célèbrent pas le passé et n'anticipent pas le futur. Elles sont enracinées dans le lieu et le moment de leur création.

    Kristian GULLICHSEN intervient dans la continuité de l'architecture en développant une écriture constante. Il rejette la recherche névrotique actuelle vers des créations spectaculaires.

    "L'arène architecturale semble être devenue une place de marché présentant une cavalcade d'épisodes disparates où la multitude de gesticulations architecturales apparaît totalement insignifiante. Par ailleurs, il existe une part importante d'excellents travaux qui ne reçoivent pas l'attention qu'ils méritent".

    "L'architecture, dissemblable des autres arts, exerce un rôle social ; elle doit répondre à l'attention du plus grand nombre. La technologie doit servir l'homme et non être considérée comme un dieu. Dans un sens écologique, le gaspillage des ressources que l'on trouve dans la pratique de nombreux architectes est négatif. Une construction valable exige une concentration sur l'essentiel. Cette discipline rejaillit immédiatement sur la qualité d'une architecture s'inscrivant dans la pérennité. Nous devons regarder l'architecture dans une perspective de longue durée et agir en conséquence. L'histoire est un bon maître en la matière aussi bien pour le 20è siècle que dans les siècles précédents."

    A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 2

    Parallèlement à son activité professionnelle, GULLICHSEN a enseigné à l'Université de Technologie de Helsinki (Docteur Honoris Causa) à l'Université de Pennsylvanie, à l' Université de Houston et à l'Institut Berlage à Amsterdam.

    Il a contribué également en qualité d'architecte, professeur et conférencier, par ses apports fondamentaux, à la connaissance de la conception de l'architecture contemporaine en prenant en compte l'environnement et ses ressources.

    Il a été Président du Musée d'Architecture Finlandais et Président de la Fondation A.Aalto.

Œuvres maîtresses :

    ; MODULI, habitat préfabriqué (avec Juhani Pallasmaa)

    ; Musée d'art à Pori (Finlande)

    ; Centre Culturel à Kauniainen (Finlande)

    ; Centre Civique à Pieksämäki (Finlande

    ; Extension des Magasins Stockmann à Helsinki (Finlande)

    ; Complexe résidentiel Olympos à Helsinki (Finlande)

    ; Ambassade de Finlande à Stockholm (Suède)

    ; Bibliothèque de l'Université de LLeida (Espagne)

    Kristian GULLICHSEN a su créer avec une vigilance sans faiblesse, à diverses échelles de perception depuis la petite maison de Grasse, en France, jusqu'à l'Ambassade de Finlande à Stockholm. Son engagement exigeant l'a conduit à trouver sa propre écriture, loin des tentations de la mode, et ainsi, à se situer parmi les grands architectes contemporains.

    En reconnaissant son œuvre, l'Académie d'Architecture s'honore en lui décernant la Grande Médaille d'Or.

GRANDES MEDAILLES DE VERMEIL

Médaille d’Honneur

    Fondation Guérinot 1895

Edmond LAY, architecte, par Pierre Rousse

A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 3

    Edmond LAY, né en 1930 à Lannemezan dans les Hautes Pyrénées, fait ses études d‟Architecture à l‟Ecole Supérieure des Beaux Arts de Paris, Atelier Gromort-Arretche, diplômé

    en 1959.

Dans un premier temps, Edmond LAY s‟ennuie, l‟enseignement dispensé à l‟Ecole ne

    l‟enthousiasme guère, il n‟adhère pas aux points de vue académiques d‟un système éducatif tourné essentiellement vers le classicisme. Il est sur le point d‟abandonner ses études quand arrive Louis ARRETCHE. Professeur à l‟atelier, celui-ci donne un nouveau souffle aux

    méthodes d‟enseignement et aux thèmes étudiés.

    Edmond découvre avec beaucoup de curiosité et de plaisir les travaux de LE CORBUSIER, MIES VAN DER ROHE, ALVAR ALTO, Philip JOHNSON, Luis Isidore KAHN et surtout l‟oeuvre de Franck LLOYD WRIGHT qui va le fasciner tout au long de sa carrière.

    Comme étudiant salarié, il fait des stages dans les agences parisiennes pour finalement travailler avec ARRETCHE, son patron, à l‟Ecole et dans son agence à Paris. Les deux hommes

    s‟apprécient, Louis ARRETCHE développe en lui ? la passion de l‟architecture, le bon sens et la

    réflexion pratique ?. C‟est à lui qu‟il doit ses premiers voyages à l‟étranger notamment en Afrique du Nord où il découvre une lumière qu‟il évoque encore avec émotion. ? Il aime cette

    architecture traditionnelle de terre aux formes pures ?

    Tout en préparant son diplôme et travaillant à l‟agence, ARRETCHE lui propose de partir enseigner dans une Université américaine, opportunité qu‟il saisit bien évidemment et il part

    pour les Etats-Unis. L‟enseignement le séduit, mais c‟est surtout la possibilité de découvrir les oeuvres de F.L. WRIGHT par ses propres yeux qui le motive et l‟enthousiasme.

    Il reste aux Etats-Unis 4 ans. Il enseigne à Notre-Dame-du-Lac (INDIANA) et ensuite à l‟Université de CORNELL à NEW-YORK.

    Au cours de son séjour, Ed. LAY se rend dans toutes les villes où le grand Maître a construit et c‟est lors de l‟un de ses voyages d‟études et de recherches sur l‟architecture de F.L. WRIGHT

    qu‟il a l‟occasion de le rencontrer. Il sympathise très vite, WRIGHT lui propose de travailler avec lui, mais le décès de celui-ci ne le lui permet pas.

    Il continue ses voyages. Il est un des tous premiers à découvrir Paolo SOLERI et travaille dans son atelier à SCOTTSDALE (ARIZONA). II découvre chez cet ancien élève de WRIGHT le concept d‟écologie, il aime travailler avec lui et s‟intéresse aux différents concepts en rapport avec l‟écologie.

Très attaché à sa région natale, il décide de s‟y installer définitivement, loin de l‟agitation

    parisienne. De retour en France, il ouvre son agence en 1962 à PIETAT près de TARBES. Enfant, il voulait devenir maçon. Il réalise son rêve en construisant de ses mains sa propre maison et son agence.

    Son oeuvre est composée d‟une grande variété de constructions situées principalement dans le Sud-Ouest : milieu hospitalier, universitaire, bureaux, équipements publics, habitat collectif et de nombreuses résidences individuelles. Sur le plan international, il gagne deux concours prestigieux pour la réalisation de deux ambassades l‟une à ABU DHABI, l‟autre au KOWEIT (non réalisées… guerre du Golfe).

Ses principales réalisations sont :

    - Lycée d‟Enseignement Professionnel de THIVIERS

    A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 4

    - Logements collectifs et résidences de particuliers dans sa région

    - Institut Universitaire de Technologie Ŕ TARBES

    - Hôtel des Sources et Hôtel de l‟Impératrice à EUGENIE LES BAINS

    - Centre administratif et socio-culturel de TARBES

    - Extension du Palais de Justice de TARBES

    - Institut Régional de Formation des Travailleurs Sociaux de TALENCE

    - Immeuble de bureaux, DDE de AUCH

    - Ecole Supérieure d‟Infirmières Ŕ TARBES

    - Hôtels des Impôts de MONT DE MARSAN, MONTAUBAN et SARLAT

    - Siège social de la Caisse d‟Epargne Ŕ BORDEAUX

    - Galerie marchande et passage public à TARBES

    - Direction des Services Vétérinaires Ŕ TARBES

    - I.U.F.M de TARBES, etc…

Edmond LAY se dit étranger à toutes les modes, l‟Architecture, dit-il, est avant tout au service

    des autres. C‟est cette mission qu‟il doit défendre. Répondre aux besoins de la société demande

    beaucoup de travail, écouter, c‟est une évidence, échanger….

    Il a choisi de suivre une voie difficile, sans tomber dans le régionalisme ou le pittoresque, la voie tracée par F. L. WRIGHT, ce maître de l‟Architecture organique dont la production

    résidentielle exprime une grande maîtrise de l‟espace intérieur et de son rapport intime avec la nature.

    Chez F. L. WRIGHT, la maison s‟intègre dans le paysage, en y puisant sa source, et, en même temps, fait entrer celui-ci dans son intimité. Tout le travail d‟Edmond LAY consiste de la même

    façon à rechercher cette relation organique entre intérieur et extérieur, pour le traitement des formes et des volumes. Et c‟est parce qu‟il sait travailler ses maisons de l‟intérieur qu‟elles sont chaleureuses et appropriables.

    ? C‟est le bien être de l‟Homme, de l‟Habitat, utilisateur ou promeneur, qui est recherché en premier lieu. Un bien-être biologique, psychologique et social. Construire, c‟est agir en fonction d‟une conviction profonde ?.

    Chacune des oeuvres d‟Edmond LAY s‟inscrit fortement dans son site et se remarque par le soin apporté à la conception des espaces intérieurs.

    ? Je ne recherche qu‟à exprimer ce que je ressens. Je m‟intéresse à la façon dont on vit dans ce que je construis. ?

Parmi ses distinctions et récompenses, on peut citer :

Ecole des Beaux-Arts :

    - Grand Prix des Anciens, Massier de son atelier

    - Prix de la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement

    - Le Prix Redon Ŕ Lauréat de l‟Institut

    - Le Prix d‟Art Monumental

Ensuite, il a été :

    - Architecte Conseil du département des Pyrénées Atlantiques

    - Membre de la Commission Régionale des Opérations Immobilières

    - Grand Prix National de l‟Architecture en 1984.

    Pour la première fois depuis la création de ce Grand Prix, un Architecte non parisien

    obtient le Grand Prix National d‟Architecture.

A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 5

    Présidé par Jean Pierre Duport, directeur de l‟Architecture, c‟est le Ministre d‟alors,

    Paul Quilès, Ministre de l‟Urbanisme, du logement et des transports, qui lui remet cette

    distinction.

    Le jury a voulu récompenser un professionnalisme exemplaire, mais aussi les qualités

    d‟une expression architecturale qui échappe à tout phénomène de mode et s‟impose,

    par sa cohérence, sa puissance, sa richesse au point de vue de la conception des plans,

    des formes et du traitement des matériaux.

    - Chevalier de l‟Ordre National du Mérite

    Il a été publié dans les revues de l‟Ordre, l‟Architecture Française, l‟Architecture Intérieure, Créé, Architecture d‟Aujourd‟hui, Techniques et Architecture, Le Moniteur.

Thèses, expositions, conférences et films ont fait l‟objet d‟études sur l‟ensemble de son oeuvre.

En conclusion :

Malgré l‟unité surprenante de son travail, il est difficile de lui attribuer un style ; son

    architecture est avant tout parlante, vivante, elle est intégrée à la réalité dans ses formes, dans ses buts. Elle transmet un message que l‟on ne peut traduire en dogmes : ? l‟essentiel, c‟est que

    les bâtiments aient une âme, qu‟ils ne trichent pas. C‟est de cette manière que l‟homme peut se sentir en accord avec un lieu et qu‟il peut y prendre place sans difficulté. Alors seulement, l‟architecture favorisera l‟épanouissement humain ?.

    Edmond LAY apparaît bien atypique par rapport à la production architecturale généralement réalisée.

    N‟est ce pas l‟homme et son rapport au lieu qui semble être à la base des réalisations d‟Edmond LAY ? Si l‟on doit attribuer un style à son travail, ne peut on pas tout simplement considérer que, par son approche, ce style c‟est l‟homme ?

    En lui attribuant la Médaille d‟Honneur, l‟Académie d‟Architecture est heureuse de récompenser cet architecte hors normes et ce grand humaniste.

Médaille de l'urbanisme

    Fondation Académie d'Architecture 1965

leAxandre MELISSINOS, architecte, urbaniste, par Benjamin Mouton

A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 6

    Alexandre MELISSINOS est architecte, diplômé en 1962 de l'Ecole d'Architecture de Genève. Il est Urbaniste, diplômé de l'Université de Paris en 1965, la même année diplômé de Sciences Sociales à l'Ecole des Hautes Etudes, du Center for Urban Studies de Londres, et "Urbanistica" de Milan. Et c'est dans cette discipline qu'il va consacrer toute sa carrière. En 1965, il est appelé à Abidjan (Côte d'Ivoire) pour le schéma directeur de la ville. A partir de 1967, il participe à l'élaboration du schéma régional Nord/Pas de Calais ; élabore le premier Plan d'Occupation des Sols protégeant le patrimoine de la ville de Saint Omer ; réalise les plans de protection de Dieppe, Aire sur la Lys, Amiens. Et tandis que s'affirme peu à peu la politique de protection et de réhabilitation du patrimoine architectural et urbain, il participe à la mise en place du programme des "villes moyennes".

    Il réalise simultanément près d'une vingtaine de plans de protection : Saint Ouen, Manosque, Albi, Lodève, Etampes, Cambrai, Briançon, Pierrefitte, Poitiers. Il est en charge des plans de sauvegarde et de mise en valeur de Figeac, Beaucaire, Beziers, Bayonne, Chinon, Carcassonne. Les études préalables du plan d'Avignon, les plans du "panier" à Marseille, de Rocamadour, Saint Cirq la Popie, Bonifacio…

    Cette activité se poursuit jusqu'à nos jours, ajoutant à cette liste vertigineuse, Montmartre, Chambery, Charleville-Mezière, Saint Aignan, Cergy,…

    Cette carrière l'appelle comme conseil à l'étranger pour près d'une dizaine de villes, et l'amène à élargir encore davantage le champ de ses expériences et de ses réflexions.

    Réflexions qu'il ne se prive pas de pousser au travers d'un nombre considérable d'études, thématiques, généralistes, comparatives, prospectives…. commandes issues principalement des Ministères de l'Equipement ou de la Culture.

    Professeur associé à l'Ecole de Chaillot depuis 1994, il enseigne également à Venise, Louvain ; membre de la Commission Nationale des Secteurs Sauvegardés pendant de longues années, expert de la coopération technique internationale, expert du Conseil de l'Europe, il est dépositaire d'une des expériences les plus confirmées en matière d'urbanisme des centres anciens, qui lui autorise une réflexion parmi les plus fine sur la question de leur conservation et de leur survie, identifiant et développant hors de tout dogmatisme conservatoire systématique, les caractéristiques propres des organismes urbains, de sorte à en assurer à la fois le développement et la préservation constructive des originalités.

    La rumeur dit qu'un Secteur Sauvegardé "qui marche" est souvent signé de lui. On regrettera hélas que la déontologie de l'urbaniste n'autorisant pas la maîtrise d'œuvre, c'est par des réalisations qui ne lui sont pas imputables que cette réussite s'exprime…

    Et c'est pour couronner une carrière qui devrait cesser pour des raisons de calendrier, que l'Académie a tenu à lui attribuer la médaille de l'Urbanisme, en gage de sa profonde admiration.

    Cette reconnaissance s'est aussi récemment exprimée par son élection à l'Académie d'Architecture. De nationalité grecque, il ne pouvait être reçu dans le collège des membres titulaires ; mais résident depuis près de 40 ans en France, il ne pouvait être considéré comme un membre étranger. C'est pourquoi il sera reçu dans le collège des membres associés, et installé au cours de l'automne prochain.

A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 7

GRANDES MEDAILLES D’ARGENT

Médaille d'Architecture

    Fondation Le Soufaché 1874

François CERIA DESPIERRE, architecte, par Wladimir Mitrofanoff

    François Ceria est né en 1941. Après ses études secondaires au Collège Stanislas, puis au Lycée Louis le Grand, il obtient le baccalauréat en philosophie.

    Fils du peintre Despierre et petit-fils du peintre Ceria, il a baigné dès son jeune âge dans un milieu stimulant tant sur le plan artistique que littéraire. Se tournant vers l‟architecture, il est admis à l‟Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts à Paris, dans l‟atelier Bourbonnais, dont il sort diplômé en 1967.

    Il part aussitôt aux États-Unis, et obtient un Master en Architecture à l‟Université de Columbia

    à New-York.

    A son retour en France en 1969, il sera quelque temps urbaniste à l‟Atelier Parisien d‟Urbanisme, puis, auprès de Serge Goldberg à l‟Établissement public de la Ville nouvelle de Saint Quentin en Yvelines.

    En 1974, associé avec Alain Coupel, il fonde l‟agence Ceria-Coupel, active durant trente années.

    Ensemble, ils furent ainsi les auteurs de plusieurs réhabilitations remarquées parmi lesquelles l‟Hôtel Lenox qui fut sans doute le premier hôtel de charme parisien (1978), la Manufacture des

    tabacs à Issy- Les-Moulineaux, l‟Îlot des Bons Enfants (inachevé), la Chambre Régionale des Comptes d‟Arras, l‟immeuble des Diamantaires du square Montholon, ou l‟immeuble des Messageries Maritimes boulevard de la Madeleine, à Paris. C‟est à la suite de la dissolution de

    l‟agence que François Ceria a crée, en 2003, l‟agence FCA Ŕ François Ceria Architectes.

    A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 8

    Avec un souci constant de l‟équilibre, de l‟élégance et de l‟harmonie, François Ceria a également réalisé le Market Street Center de Dallas (USA), le siège social de Tractebel à Bruxelles (Belgique), les Ateliers de la Montre Hermès à Bienne

    ( Suisse), l‟aménagement du siège social du groupe Lhoist (Belgique). A Paris, François Ceria - bisFCA Architectes achève la réhabilitation d‟un bâtiment de bureaux situé au 58 rue La Boétie

    (Paris) signé par l‟architecte Lucien Bechmann.

La réhabilitation de la Salle Pleyel à Paris achevée en 2006, est aussi prestigieuse qu‟exemplaire.

    Ce lieu mythique de la culture parisienne, reconnu sur la scène internationale comme l‟une des

    meilleures salles de concert depuis 1928, a bénéficié d‟une ambitieuse campagne de restauration initiée par son propriétaire privé, avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication. Le projet architectural confié François Ceria Architectes et à Artec Consultants Inc. pour l‟acoustique, a eu pour mission essentielle la rénovation de la salle, la création d‟un grand foyer au premier étage ainsi que la mise en valeur des éléments décoratifs exceptionnels, témoins du mouvement moderne des années trente.

    La grande réussite technique (sur le plan acoustique et musical) ainsi que les qualités architecturales des aménagements, retrouvant les grandes lignes du projet initial et leur apportant une écriture contemporaine, valent aujourd‟hui, à François Ceria, d‟être récompensé

    par l‟Académie d‟Architecture.

Médaille d'Architecture

    Prix Dejean

    Fondation Société Centrale 1902

Dominique GAUZIN-MULLER, architecte, journaliste, par Christian Gimonet

    Dominique Gauzin-Müller a déjà été honorée par l‟ Académie d‟Architecture qui lui a remis en l‟an 2000 le prix Henri Le Même pour son livre ? CONSTRUIRE AVEC LE BOIS ?.

    En 2006 l‟Académie, pour son séminaire sur le Développement Durable, lui en a confié l‟introduction sachant ses compétences sur ce sujet. Son exposé brillant et convaincant a séduit et impressionné. C‟est pourquoi en ces temps de réflexion, de remise en question de nos A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 9

    comportements, l‟Académie a jugé opportun d‟encourager et de faire valoir l‟action de cette très active propagandiste d‟une architecture conforme aux besoins humains, plus respectueuse de la planète.

    Sa démarche écologique exemplaire vécue quotidiennement, notre héroïne en attribue l‟origine à ses grands-parents, paysans du Lot, terroir riche de patrimoine et de savoir-faire. Ils lui ont transmis les vertus d‟économie, de sage gestion de toutes choses que des générations de ruraux européens pratiquèrent jusqu‟à ce que les facilités de la société de consommation dérèglent tout. Dominique Gauzin, a tout naturellement conservé les gestes de bons sens écologique que maintenant l‟on souhaiterait réinculquer à tous.

    Son enfance et son adolescence ont également baigné dans l‟architecture. Son père Raoul Gauzin étant architecte urbaniste à Saint Céré dans le Lot et sa mère Michelle assurant le secrétariat. Après s‟être intéressée aux langues, à l‟écriture, avoir rêvé d‟être journaliste ou écrivain , elle opte finalement pour l‟architecture. Son père alors monte à Paris, enquête sur les différentes écoles et inscrit sa fille à l‟Atelier Roland Schweitzer de UP7 Paris-Tolbiac parce que

    l‟on y travaille beaucoup. Elle sera heureuse de travailler beaucoup avec lui, puis avec Marion Tournon-Branly puis à nouveau avec celui, grand maître français du bois, qui invitait dans son exceptionnel module bois d‟études approfondies en architecture, tous les spécialistes européens à venir communiquer leur expérience à ses étudiants. Il confia à Dominique le soin de consigner et conserver les témoignages et documents apportés. Cela constituera la base du premier livre sur le bois de Dominique : ? LE BOIS DANS LA CONSTRUCTION ?.

    Fait significatif elle sollicite et obtient une bourse d‟étude pour le séminaire de l‟université d‟été d‟Oslo, dont le thème est ? Energy planning and the Environment ?.

    Elle sera stagiaire puis collaboratrice de son père de nombreuses années. Elle travaille ensuite avec l‟architecte allemand Richard Bregler, obtient un diplom-ingenieur et son inscription à

    l‟Ordre des Architectes du Bade-Wurtenberg car son mariage avec Jorg Martin Müller,

    ingénieur en télécom l‟a transplantée en Allemagne dans ce Lander dont les élus verts vont réorienter l‟architecture et l‟urbanisme. Autre fait heureux Stuttgart est un bon observatoire pour suivre l‟évolution déclenchée par les jeunes architectes du Vorarlberg, percevoir le

    développement autour du Lac de Constance d‟une architecte résolument écologique et analyser les expériences urbaines exemplaires de Fribourg en Forêt Noire. Dominique Gauzin Müller va devenir une observatrice avertie et privilégiée . Ses envies d‟adolescente d‟écriture, de journalisme, un temps refoulées vont ressurgir et progressivement via les revues professionnelles françaises, elle va faire connaître les retards français en ces domaines et œuvrer à les combler.

    Elle qui organisait les voyages d‟UP7, consciente que l‟architecture doit être vue in-situ, va alors

    préparer et animer une quarantaine de voyages de groupes français en Allemagne et en Autriche .

    Comme architecte elle est appelée par certaines équipes à concourir en France mais bientôt sa participation s‟oriente vers le conseil en Développement Durable, comme pour le projet lauréat de Bruno Mader pour l‟Hôtel de Région Auvergne.

Une mutation progressive va l‟éloigner de la pratique architecturale. Elle va se consacrer au

    journalisme professionnel, écrire et mettre en valeur le talent des architectes qui oeuvrent pour la cause qu‟elle embrasse. Une fructueuse collaboration s‟instaure avec les Editions du Moniteur.

    Trois ouvrages consacrés au bois, deux à l‟usage des professionnels, un à destination du grand public et deux sur l‟écologie, un pour chaque public paraîtront successivement. Un ouvrage sur l‟expérience du Voralberg est en préparation.

? CONSTRUIRE AVEC LE BOIS ? son second livre sur le bois affiche d‟emblée sa motivation

    écologique car c‟est le seul matériau de construction renouvelable et biologiquement dégradable.

    A.A. Prix et Récompenses - 19 juin 2007 10

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